Constat d’échecs

14 décembre 2004

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Sous le titre “Une double transition presque réussie”, l’INSEE, l’IÉDOM, l’AFD coéditent un document où une large part est consacrée aux caractéristiques du chômage réunionnais. Selon les chiffres de l’étude, La Réunion bat tous les records des régions de la République, avec par exemple un taux double de la région métropolitaine la plus touchée, le Languedoc-Roussillon.
Établies à partir des recensements, les données montrent un phénomène loin d’être conjoncturel, mais au contraire profondément structurel. Ainsi, à la fin des années 60, avant le premier choc pétrolier, alors que la France connaissait un relatif plein emploi, le taux de chômage était ici déjà supérieur à 13%. Et selon les mêmes données, cette tendance n’a eu de cesse de s’aggraver : 19,3% en 1974, 31% en 1982, 36,9% en 1990 et 41,6% en 1999. Ceci, alors que La Réunion connaît une croissance économique largement supérieure à la France.
Ces données montrent l’échec dramatique de toutes les mesures prises par les différents gouvernements, de toutes les tendances politiques, qui se succèdent depuis plus de 30 ans à Paris.
On peut rappeler que voici presque 30 ans, le PCR, à travers le “Plan immédiat de survie”, proposait des mesures pour faire face à une crise qui déjà s’aggravait. Mais comme les autres, ces propositions réunionnaises n’ont pas été prises en considération par les décideurs parisiens.
Pourtant, la constante de la croissance démographique, raison principale de la montée du chômage selon les auteurs de l’étude, est une donnée incontournable pour encore plusieurs décennies à La Réunion. Et on voit ce que peut coûter à notre pays le refus de Paris d’écouter les voix réunionnaises.

Manuel Marchal


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