Edito

Coronavirus : la réouverture d’Orly favorise l’arrivée d’une vague de cas importés

Manuel Marchal / 27 juin 2020

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Hier à Orly... (photo La 1ere)

Les images d’un aéroport d’Orly plein à craquer hier interpellent. Elles montrent des centaines de personnes agglutinées dans un hall, toute distanciation impossible. Cette concentration s’est traduite dans les avions. La limite à 250 passagers par vol n’existe plus. La Première indique que le premier vol à décoller pour les Antilles, un A350-1000 d’Air Caraïbes, était plein à craquer : 429 passagers.

Hier, 7 vols étaient programmés à destination de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La Réunion. Tous sont des avions densifiés, capables d’embarquer plus de 400 personnes par rotation. S’ils ont eu autant de succès que le vol d’Air Caraïbes, alors cela veut dire que 2800 personnes ont transité par la région parisienne avant de se disséminer dans ces différents territoires, y compris La Réunion. Rappelons que la région où se situe Orly et Roissy est une des plus durement touchées par le coronavirus en France, et que dans ce pays, le COVID-19 a encore tué plus de 20 personnes. Et ce n’est qu’un début, car l’ambition est d’aller progressivement vers un retour à la normale.

Pendant ce temps, l’Union européenne s’interroge quant à l’ouverture des frontières. La crainte d’une seconde vague épidémique en Occident est bien réelle. L’OMS ne cesse d’alerter sur le fait que le plus gros de l’épidémie est devant nous. Malgré ces faits, l’orientation est de privilégier les intérêts économiques, quitte à faire prendre des risques à la population. Et les discours officiels poussent à prendre ce risque, car il est question de supprimer la quarantaine par une mesure bien moins contraignante : un test avant le départ qui ne peut détecter tous les cas. Ceci encourage donc un relâchement et débouche sur cette image incroyable d’un hall de départ bondé de départ en vacances en pleine pandémie de COVID-19. Dans ces conditions, la seule protection est le port obligatoire du masque depuis l’entrée de l’aéroport de départ jusqu’à la sortie du hall arrivée, y compris pendant plusieurs heures de vols dans un avion sans siège de libre. Or, rien que pour manger il est nécessaire d’enlever son masque, sans oublier qu’il est impossible de garantir qu’un masque ne bouge pas pendant le sommeil : un avion de ligne n’est pas un hôpital.

Voilà pourquoi la réouverture d’Orly dans ces conditions ne peut que favoriser l’arrivée d’une nouvelle vague de cas importés à La Réunion. Encore une décision capitale prise sans concertation avec la population réunionnaise et qui a un impact sur la vie de tous les Réunionnais.

M.M.