Les « Enfants de la Creuse » au Sénat
17 juin, par58 ans après la révélation du scandale par « Témoignages »
17 juin, par

A la Coupe du monde de football 2026, organisée notamment aux États-Unis, une polémique grandit. De nombreux supporters africains ne peuvent pas soutenir leur équipe aux États-Unis en raison des difficultés d’obtention de visas et des restrictions de déplacement imposées par le pays hôte. Le fiasco qui menace la partie américaine de la Coupe du monde devrait faire réfléchir ceux qui, en 2015 à La Réunion, ont soutenu la remise en cause de la Charte des Jeux des îles par un ministre français de passage dans notre pays.
Cette situation interroge la FIFA. Comment prétendre organiser la plus grande compétition sportive mondiale tout en acceptant que des milliers de supporters soient exclus pour des raisons administratives ou politiques ? La FIFA semble aujourd’hui accepter une situation qui porte atteinte à l’égalité de traitement des participants et des supporters.
Cette affaire rappelle un précédent bien connu à La Réunion. Lors des Jeux des îles de l’océan Indien en 2015, l’État français avait provoqué une grave crise en imposant la présence d’athlètes mahorais derrière le drapeau français lors du défilé d’ouverture. Cette décision était contraire à l’esprit et aux règles des Jeux, définies par leur Charte. Face à un tel mépris, la délégation des Comores avaient dû quitter le pays.
Au lieu de défendre le respect des règles librement acceptées par tous les participants, plusieurs responsables politiques réunionnais avaient choisi de soutenir la position de l’État français en poussant jusqu’à chanter l’hymne français et à exhiber des drapeaux français quand un membre de la délégation de Mayotte montait sur la plus haute marche du podium. Ils avaient préféré cautionner une logique de supplétifs plutôt que de rappeler un principe fondamental : dans le sport, la Charte doit être respectée par tous, notamment par les autorités du pays hôte.
Aujourd’hui, les difficultés rencontrées par les supporters africains pour accéder à la Coupe du monde 2026 montrent les conséquences de cette dérive. Quand les organisateurs ou les États hôtes s’autorisent à placer leurs intérêts politiques au-dessus des règles communes, c’est toute la crédibilité du sport international qui est fragilisée.
Le fiasco qui menace la partie américaine de la Coupe du monde devrait faire réfléchir ceux qui, en 2015, ont soutenu la remise en cause de la Charte des Jeux des îles par un ministre français de passage dans notre pays. Le respect des règles est la condition indispensable d’un sport au service du rapprochement des peuples.
M.M.
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