Edito

Couper des ados de leur identité en les privant de leur langue maternelle. Qui de la Corse ou de La Réunion donne “l’exemple" ? 

J.B. / 29 septembre 2018

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La “méthode” en Corse : 
• 147 des 249 écoles primaires corses (59%) proposent une filière bilingue
• 29 des 31 collèges corses (93%), permettent de poursuivre cette option. 
• 2 des 13 lycées corses (15%)permettent de poursuivre le bilinguisme jusqu’au bac.

Mais, dès que t’es au lycée, t’as pas intérêt à répondre « présent ! * » en corse lors de l’appel ! Sinon les représentants de la France aussitôt se dressent sur leurs ergots … de coq gaulois, c’est évident ! Et, 15 jours durant, c’est la guerre — coloniale ?— telle que décrite par “20 minutes” :

« « Sò qui. » C’est du corse, ça se prononce « sso kwi » et ça veut dire « je suis ici », ou « présent. » C’est aussi, apparemment, une formule magique qui peut déclencher une tempête dans un verre d’eau. Il y a quinze jours, c’est en utilisant cette expression qu’un élève a répondu à l’appel de sa professeure, lors d’un cours en français. L’enseignante le rappelle à l’ordre, le minot se braque… Et démarrent quinze jours de polémique.
« Les faits sont minimes, minuscules, mais ce qui a suivi témoigne des tensions qui agitent toujours l’île sur la question de la langue corse », décrypte, pour 20 Minutes, le sociologue Jean-Louis Fabiani »

Au fait, à La Réunion, les enfants ont-ils le droit de répondre à l’appel de leur nom par un « Léla » ?
• Sur les 170 écoles** maternelles et les 339 écoles** primaires (et les 26 privées) combien proposent une filière bilingue ?
• Sur les 73 collèges** publics et privés combien proposent une filière bilingue ?
• Sur les 50 lycées** que compte l’île combien permettent-ils de poursuivre le bilinguisme jusqu’au bac ?

Ces bonnes questions — dont j’ignore les réponses — devraient permettre de comparer la méthode en vigueur en Corse avec celle en vigueur à La Réunion et de savoir dans quelle île on agit le mieux en faveur du respect de l’identité culturelle des enfants.

Jean

* Sò qui = “je suis ici” ou bien “je suis là”
** maternelles, primaires, collèges, lycées, chiffres INSEE 2015



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  • En Nouvelle-Calédonie-Kanaky, à vérifier, j’ai appris que les langues Kanaks sont enseignées obligatoirement, en primaire et collège, en tribu surtout. Langue vernaculaire des ancètres. Il faut savoir que parmi la population, un proportion est originaire de la Réunion, d’autres, des Antilles, où se trouve le Président de la République, des malgaches, des vietnamiens, des chinois, quelques japonais, les wallisiens, des futuniens, d’autres polynésiens, des javanais, bref, le métissage est en route, enfin, j’espère et que la paix soit là quel que soit le résultat duréférendume d’autodétermination, du 8 Novembre prochain, un évènement historique pour tous les français et surtout ceux du bout du monde, sur le caillou.... Arthur.

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  • L’auteur de l’article semble ignorer que ce que l’on appelle la « langue corse » n’a jamais été celle des Corses. Car historiquement, on a toujours parlé en Corse plusieurs dialectes :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Corse_%28langue%29#/media/File:Dialetti_corsi.png

    Sans compter les deux isolats linguistiques de Bonifacio et de Cargèse, où on a historiquement parlé respectivement le bonifacien (sensiblement différent des autres dialectes) et le grec. Dans les faits, la Corse n’a jamais eu de langue commune, sauf à l’époque moderne avec le français. À l’heure actuelle, la langue qui unit les Corses est bien sûr le français, langue maternelle de la quasi-totalité de la population. Il n’y a donc aucun besoin pour les jeunes Corses d’apprendre une langue qui n’a jamais été la leur. Je vous transmets à ce sujet les propos d’un Corse :

    « Je suis Corse, né en Corse (il semblerait que ce ne soit pas suffisant pour se prévaloir de l’identité corse !). Mes parents, grands-parents et arrières-grands-parents sont tous nés en Corse et s’expriment quotidiennement en corse avec le parler de la localité d’appartenance, qui n’a rien à voir avec la « langue corse » que veulent nous imposer M. Ghionga et son ministre de la culture M. Talamoni. Et voilà qu’ayant parlé et continuant de parler le corse sans l’avoir appris à l’école, je n’arrive pas, malgré toute ma bonne volonté, à comprendre celui des journaux télévisés, ni celui de certains articles ou romans tel u murtoriu d’un certain Biancarelli, qui a dû se résoudre, pour se faire connaître, à traduire son ouvrage dans la langue de Molière. Je promets donc de lire M. Biancarelli pour le remercier de l’effort qu’il vient de faire à destination des Corses qui aiment la France et des Français du continent qui aiment la Corse région de France. Mais le hic, c’est que je dois me considérer comme NON INTÉGRÉ CHEZ MOI car je ne suis pas capable de communiquer dans cette fameuse langue corse que l’on veut rendre officielle. De beaux jours en perspective pour des enseignants de corse recrutés sans emploi et à recruter pour former les 70% de Corses qui pratiquent, cela va de soi, le français langue officielle obligatoire tout en ne délaissant pas le corse, « leur corse », dans leur environnement privé. »

    Bien à vous
    Michel Vernet

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