Planter des arbres avec la population pour construire une ville : une idée forte de Paul Vergès…
31 août, parPaul Vergès : 2016-2026
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Le dérèglement climatique n’est pas tombé du ciel. Il a une histoire et des responsables. Depuis la révolution industrielle, les puissances capitalistes occidentales ont construit leur richesse sur l’exploitation massive du charbon, puis du pétrole et du gaz. Cette accumulation de richesses pour une classe très minoritaire s’est accompagnée d’une accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Aujourd’hui, l’ensemble de l’humanité en paie les conséquences.
Le constat scientifique du GIEC est clair. Entre 1850 et 2019, environ 2 400 milliards de tonnes de CO₂ ont été émises par les activités humaines. Plus de la moitié, 58 %, l’ont été avant 1990. Mais surtout, la responsabilité historique est profondément inégale. Pour les émissions cumulées de CO2 liées aux combustibles fossiles et à l’industrie entre 1850 et 2019, les pays les plus anciennement industrialisés représentent 57 %, contre 28 % pour trois grandes régions en développement et seulement 0,4 % pour les pays les moins avancés.
Le détail régional du GIEC est encore plus clair : l’Amérique du Nord (moins de 400 millions d’habitants aujourd’hui) représente à elle seule 23 % des émissions cumulées de CO₂ depuis 1850 et l’Europe (environ 400 millions d’habitants aujourd’hui) 16 %. Deux régions qui ont bâti leur puissance industrielle grâce aux énergies fossiles concentrent une part considérable de la responsabilité historique de la crise climatique mondiale. Les victimes aujourd’hui se comptent en milliards.
Cela ne signifie évidemment pas que les émissions des pays émergents ou en développement ne comptent plus. Elles compteront pour le climat de demain. Mais l’argument qui consiste à demander aux populations qui ont le moins contribué au réchauffement de supporter les mêmes efforts que celles qui se sont enrichies grâce aux hydrocarbures est une profonde injustice.
Les conséquences sont désormais visibles : montée du niveau des océans, cyclones plus destructeurs, sécheresses, pluies extrêmes, fonte des glaciers, déplacements de populations. À La Réunion est pays insulaire particulièrement exposé. La population est concentrée sur le littoral, tandis que les montagnes dominent les villes et font ruisseler brutalement les eaux lors des épisodes de fortes pluies.
La responsabilité historique doit donc devenir un principe politique. Les pays qui se sont industrialisés les premiers doivent contribuer plus au financement de l’adaptation, au transfert de technologies et à la réduction mondiale des émissions. Il ne s’agit pas d’une charité accordée aux pays pauvres, mais d’une dette climatique résultant de faits documentés.
Le GIEC rappelle d’ailleurs que les émissions cumulées depuis 1850 sont distribuées de manière très inégale. Le débat climatique ne peut donc être réduit à la culpabilisation de chaque individu, invité à éteindre sa lumière ou à modifier sa consommation. Derrière les comportements individuels se trouvent des systèmes industriels, énergétiques et financiers qui ont organisé pendant plus d’un siècle la dépendance aux combustibles fossiles.
La réponse à la crise climatique est une question de justice sociale et internationale. Ceux qui ont le plus profité de la pollution doivent prendre la plus grande part du coût de la réparation.
M.M.
Paul Vergès : 2016-2026
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