Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
26 novembre 2008, par

Hier matin, nos confrères de Radio Festival ont posé la “question du jour” à leurs auditeurs : le préfet va-t-il baisser les prix des carburants le 1er décembre prochain ? Réponses des auditeurs annoncées à l’antenne : 50% de “oui”, et autant de “non”...!
Depuis de nombreuses semaines, le prix du baril de pétrole brut ne cesse de chuter partout. Et au moment où des baisses continuelles des prix des carburants sont annoncées dans notre région, en France et partout ailleurs dans le monde, un tel sondage montre vraiment à quel point la population réunionnaise a perdu confiance dans le représentant de l’État.
Cette réaction de l’opinion réunionnaise est-elle exceptionnelle ou de plus en plus fréquente ? Est-elle due au “hasard” ou bien à des causes bien réelles ?
Pour répondre à ces questions, il suffit de voir et d’entendre ce qui se passe dans de nombreux secteurs de notre société, où s’exprime de plus en plus l’inquiétude devant les effets de la politique gouvernementale. On peut en rappeler quelques exemples.
Récemment, on a vu la manifestation organisée par les chefs d’entreprise devant la Préfecture pour tirer la sonnette d’alarme sur la chute des moyens d’investissements accordés par l’État. Une chute qui met en péril un grand nombre de petites et moyennes entreprises.
On a vu les gros soucis exprimés par les promoteurs de l’habitat social, qui ne voient plus comment ils vont répondre aux attentes des dizaines de milliers de foyers réunionnais en quête de logement. Hier, le PDG du premier groupe industriel de La Réunion déclarait à un confrère : « Je suis stupéfait de voir que les pouvoirs publics prennent le risque de passer d’un système créateur de logements et donc d’emplois à un système dont tout le monde dit qu’il ne va pas marcher. (...) En ce qui concerne les exonérations de charges, au moment où on parle de défense de pouvoir d’achat et de créations d’emplois, voilà une mesure qui va au contraire augmenter les coûts salariaux et donc peser sur l’activité ».
Il y a les tracas des planteurs, des maraîchers et des éleveurs devant l’augmentation de leurs coûts de production et les pertes de pouvoir d’achat d’une grande partie des consommateurs. Il y a eu les manifestations de fonctionnaires devant les suppressions de postes, les atteintes aux services publics, la mise en cause de la retraite. Des organisations d’étudiants, de consommateurs et de travailleurs ont manifesté également pour dire que rien ne va plus en matière de droit à l’emploi et à un revenu décent. On annonce un “panier de la ménagère” de référence et tout le monde dit que c’est du bidon.
L’État diminue ses crédits pour financer la continuité territoriale et refuse de respecter l’égalité des droits entre les Réunionnais et les Corses, tout en attaquant la Région Réunion et la compagnie aérienne des Réunionnais ! En même temps, il refuse de rembourser les plus de 200 millions d’euros de dettes qu’il doit au Département, mettant en difficulté le budget de la collectivité.
D’autres exemples des carences, failles et diversions parisiennes pourraient être cités. Voilà tout ce qui explique la crise de confiance de la population réunionnaise envers les capacités et la volonté politique de l’État de redresser la situation de notre île et de résoudre les problèmes fondamentaux de notre société. Et cette crise de confiance est de plus en plus grande.
L. B.
Nos peines
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