Edito

Crise du logement et impasse de l’intégration de La Réunion à la France

J.B. / 2 juin 2018

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La direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement de La Réunion a publié hier les chiffres du logement social pour 2017. C’est celui de la construction qui est le plus scruté. D’après ce service de l’État, ce sont 2858 logements qui ont été livrés l’an passé. C’est par rapport à l’année précédente une croissance de 4 %, soit près de trois fois supérieure à celle de la France.

Ces données indiquent les efforts faits pour lutter contre la crise du logement à La Réunion. Mais ils ne suffisent pas. La liste des demandeurs de logement social est toujours aussi longue. Cela représente près de 30000 familles. Pour sa part, la Fondation Abbé Pierre indique dans son dernier rapport que 80000 Réunionnais sont en situation de mal-logement, tandis que 12000 sont en hébergement contraint.

C’est dire que malgré les mesures prises, la crise du logement ne se résorbe pas. C’est une des conséquences de l’intégration de La Réunion à la France. Notre île ne dispose pas des outils législatifs nécessaires pour mener une politique à la hauteur du défi. C’est justement en ce moment que le gouvernement présente une révision de la Constitution. Celle-ci ne prévoit toujours pas de donner aux Réunionnais les mêmes possibilités d’adapter les lois et règlements que dans les autres départements issus de l’ancien empire colonial français. Or, la crise du logement montre bien l’urgence d’accorder aux Réunionnais la responsabilité de s’entendre sur un projet, et de l’appliquer.

J.B.