Edito

D’un confinement à l’autre, le choix de l’autonomie alimentaire

Julie Pontalba / 26 juin 2020

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Le confinement sanitaire a accéléré la réflexion sur divers aspects de l’autonomie alimentaire. Le sujet est vaste et il est largement discuté. Dans Témoignages, nous avons déjà consacré plusieurs articles et éditos pour noter qu’à chaque fois, cela dépendait d’une volonté politique. Voici un exemple de choix politiques à échelle communale.

A Saint-Denis de La Réunion, le projet porté par Ericka Bareigts et son équipe, propose de donner plus d’envergure aux « jardins partagés ». Dans ce concept, des parcelles sont octroyées à des particuliers qui s’engagent à suivre une formation et à y pratiquer une agriculture sans produits chimiques, pour leur consommation personnelle. Le projet futur prévoit aussi la remise de « Permis de planter » dans l’espace public. Ainsi, chaque citoyen qui le souhaite pourrait se voir attribuer une parcelle de terre, au plus près de chez lui, pour la cultiver. Enfin, un moratoire sera mis sur la construction de nouvelles surfaces commerciales, afin de préserver les terres.

Le sujet dépasse le côté consumériste. Il touche à l’aménagement urbain et à la philosophie de vie. Par exemple, des jardins vont remplacer le gazon ou les dépôts sauvages aux pieds des immeubles. Portées par les habitants eux-mêmes, ces activités permettront d’améliorer les rapports entre voisins et entre générations. Depuis, la plantation de condiments jusqu’aux plantes médicinales, en passant par les recettes, les discussions seront très riches, et les enfants aussi participent au potager !

D’autres villes françaises, comme Rennes ou Albi, ont aussi choisi de s’orienter vers une certaine indépendance alimentaire avec la participation la plus large des habitants. Le but clairement affiché est de sécuriser les approvisionnements en cas de crise alimentaire et s’assurer une meilleure qualité des produits consommés. Différentes actions sont organisées, comme la mise en place de potagers et vergers urbains ainsi que des bacs publics pour cultiver des légumes. Les circuits courts sont facilités afin de réduire l’impact carbone lié aux transports de marchandise.

Bien évidemment, il faudra beaucoup plus que ça pour atteindre l’Autonomie Alimentaire qui concerne tout un pays. Dans le cas de La Réunion, cela nécessite une cohérence au niveau régional. Le projet dionysien va, d’ores et déjà, permettre de renouer le dialogue dans la société à partir d’un sujet vital. Il vise à nous déconfiner de nos appartements et de nos habitudes sédentaires. Il vise l’amélioration du cadre de vie, en apportant plus de verdure. Les personnes âgées et les populations fragiles, vivent l’enfer de l’isolement et de la pollution sonore alors qu’elles ont besoin d’un éco-système apaisant et sécurisant.

Les communistes de Saint-Denis sont fiers d’être impliqués dans ce projet au service de tous les Dionysiens. D’un confinement à l’autre, ce programme a anticipé les effets de la crise sanitaire, il est urgent maintenant de le rendre concret.

Julie Pontalba



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  • Bravo Julie pour ce message, cette analyse, ces constats et propositions ! Une belle idée, c’est celle pour laquelle on se dit : " mais pourquoi ne pas l’avoir fait avant ? " Produire local, bio, montrer l’exemple se soucier de la qualité, du respect de la Terre qui nous supporte, nous nourrit. Ainsi, on se demande si les citoyens se rendent compte ou pas des bienfaits que cela apporte. Gain de qualité, de temps de transport, baisse de la pollution due aux transports, respect des variétés locales, création d’emplois, dignité. Autre chose qui me tient à coeur, même s’il faut être vigilant là aussi à se consommation, le corps en a besoin mais il ne faut pas en abuser, c’est le sel. Ce conservateur naturel qui donne du goût, est largement importé. On pollue donc pour le faire venir jusqu’ici alors que nous sommes entourés d’eau salée, l’océan indien !? Un comble. J’ignore combien chaque année, la Réunion consomme de sel, de chlorure de sodium comme on l’appelle aussi, aussi bien pour la chimie, la cuisine familiale, et l’industrie agro alimentaire, mais je suis sur que produire du sel localement beaucoup plus que ce qui se fait à la Saline qui porte bien son nom, provoquerait des créations d’emplois locaux, des paludiers comme on dit, enfin, c’est ce que je crois et essaies de comprendre pourquoi on ne s’eforce pas à être autonome en sel (en sucre aussi bien sur, même s’il engendre le diabète, qui provoque lui, quand on dépasse les doses "normales", la gangrène, des problèmes de vue, reinaux etc. Soyons là encore informés, attentifs, réactifs. Demain, on vote et j’espère qu’il n’y aura pas autant d’abstention qu’il y a 3 mois, au 1° tour, enfin, on verra bien, ce sera quelque soit le résultat, un moment historique à plus d’iun titre. Bon courage Julie avec Ericka, à St Denis, une 1° fois, super ! Arthur.

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