Edito

Dansons sur notre propre musique.

Témoignages.re / 31 janvier 2019

Le Maloya est unique au monde ; il est inscrit au patrimoine de l’humanité, depuis 2009. C’est la fierté réunionnaise de participer à l’enrichissement du bien commun mondial. C’est un élément qui structure la conscience que le peuple Réunionnais existe en tant que tel. Sa résonance politique est tellement considérable que la tendance est d’effacer l’apport essentiel du PCR.

Pour rafraîchir la mémoire, il est bon de rappeler que c’est le 4ème Congrès du PCR qui l’a sorti du fénoir. Le PCR a fait venir une équipe de prise de son et d’image pour un enregistrement a capella . Deux disques 33 tours ont été produits, composés d’extraits de musiques et d’interventions de Paul Vergès. Ce fut un succès de l’union de la culture et du politique pour renforcer l’identité réunionnaise.

Une telle décision a été pensée, réfléchie et appliquée. C’est ce qu’on appelle une décision politique. A contrario, il y a bien une tendance qui cherche d’édulcorer la dimension politique du Maloya et le rôle essentiel du PCR dans l’explosion de cette composante réunionnaise de notre identité. Ces adversaires du PCR et de La Réunion se sont retrouvés dans la destruction du projet de la Maison des Civilisations et de la Culture Réunionnaise.

Mais ils n’ont pas réussi à empêcher que Maloya soit classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette prouesse a été obtenue grâce à un dossier présenté par la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise avec l’aide du PRMA (Pôle régional des musiques actuelles) et le soutien de nombreux artistes. C’est la Région Réunion qui avait proposé l’inscription du Maloya au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Elle a eu une réaction très sobre : « L’inscription du Maloya au patrimoine mondial est une immense reconnaissance pour tous les créateurs ainsi que pour toutes celles et ceux qui ont œuvré à sa sauvegarde et à sa transmission. »

Mais la vérité n’est pas complète si on ne précise pas le rôle joué par le gouvernement et son ministère dédié qui ont soutenu l’initiative. Danser sur notre propre musique veut dire mettre tous les atouts de notre côté pour défendre les intérêts Réunionnais. Parfois contre le gouvernement parfois avec son soutien. C’est ça la responsabilité. Il n’y a pas de place pour des positions dogmatiques.

JB