APL supprimées pour les étudiants des pays voisins, visas difficiles pour nos voisins : quel avenir pour Les Réunionnais ?
22 août, parLes humiliations visant nos voisins s’accumulent
30 mai 2006

Une fois de plus, le festival de Cannes a été marqué cette année par le fait que la plupart des lauréats sont des réalisateurs et des comédiens ayant créé des œuvres au contenu politique progressiste très fort. De la palme d’or attribuée à Ken Loach pour “Le vent se lève” à “Volver” de Pedro Almodovar (prix d’interprétation féminine et prix du scénario) et à d’autres encore, le jury n’a pas hésité à rendre hommage à des créateurs dénonçant les dominations d’hier et d’aujourd’hui.
Ce courage politique mérite d’être souligné. Car il montre que dans le cinéma et dans le monde culturel en général, tout n’est pas du “sirop” destiné à faire du fric. Cela va dans le même sens que les combats de tous les altermondialistes, pour qui un autre monde est possible, dans la fidélité à ceux qui ont lutté avant nous pour la liberté et la justice.
C’est précisément le cas des héros du film “Indigènes”, lui aussi récompensé à Cannes avec le prix d’interprétation masculine attribué aux acteurs Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Samy Bouajila, Roshdy Zem et Bernard Blancan. Ce film est un vibrant hommage aux Africains qui ont risqué leur vie - voire donné leur vie - pour libérer la France de l’occupant nazi.
Cet hommage cinématographique est d’autant plus mérité que ces hommes et ces femmes, partis des colonies pour sauver la métropole, n’ont jamais eu la reconnaissance de l’État français, quels qu’aient été les gouvernements.
Il est révélateur que cette œuvre d’art au message politique très clair sorte et soit primée dans un festival comme celui de Cannes, après toute la polémique sur l’ex-article de loi prônant l’enseignement du soi-disant "rôle positif" de la colonisation. Cela vient aussi après la première célébration en France de la Journée de la mémoire de l’esclavage, le 10 mai.
En ce sens, de Cannes à La Réunion il n’y a qu’un pas. C’est celui du travail à continuer pour mieux connaître notre histoire. Car en connaissant notre passé, nous nous réconcilions avec nous-mêmes, ce qui est la meilleure voie d’un cheminement ensemble pour construire l’avenir.
L. B.
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