Edito

De Doha à La Réunion, une préoccupation commune

J.B. / 10 décembre 2012

A Doha, capital du Qatar, plus d’une semaine de débats et de négociations n’ont pas permis d’arracher un protocole suffisamment contraignant contre les pays les plus pollueurs de la planète. 195 pays étaient représentés. Une année supplémentaire sera nécessaire pour déboucher sur Kyoto2 qui va couvrir la période 2013-2020. Le groupe des 77 et la Chine proposent que les pays développés contribuent 20 milliards de dollars par an entre 2013 et 2015 au fonds de climat à moyen terme, en raison de l’incertitude des financements à long terme en raison du ralentissement de l’économie mondiale.

Le rejet de CO2 dans l’atmosphère ne va donc pas ralentir de si tôt. En conséquence, le réchauffement climatique va continuer à faire fondre les glaciers et provoquer d’importantes inondations. Le pays le plus riche, les États-Unis, qui n’a jamais signé le protocole de Kyoto, n’a fait, encore une fois, aucun effort pour assumer ses responsabilités. Pourtant, la sécheresse dans l’ouest du pays et les ravages du cyclone Sandy à New York avaient poussé Obama à déclarer que « nous ne voulons pas que nos enfants vivent dans un pays menacé par le pouvoir destructeur d’une planète qui se réchauffe. » Dans la réalité, il n’y a eu aucun geste positif. La Russie a, quant à elle, affirmé qu’elle ne souhaitait pas le prolongement de l’accord de Kyoto au-delà de l’expiration du délai d’application, c’est-à-dire la fin 2012, dans quelques jours.

C’est un jour triste.

Les petits États insulaires regroupés dans l’organisation AOSIS ont constaté, une nouvelle fois, qu’on bavarde beaucoup et que pendant ce temps, la montée des océans va inexorablement noyer leur territoire et causer la perte de leur peuple. Les temps sont comptés, avons-nous rapporté, ici même à propos des îles Kiribati. Des pays vont être rayés de la carte et cela n’émeut pas les représentants du premier monde ; tout est fonction de leurs intérêts de classe dominante. L’absence d’humanité de ces grandes nations qui se prétendent la conscience du monde oblige à repenser l’urgence d’une nouvelle solidarité mondiale.

Les dégâts continuent.

Au même moment, en Asie, un cyclone a anéanti le sud des Philippines et provoqué la mort de plus de 600 personnes et des centaines de milliers de sans-abris. Il menace, cette fois, le nord du pays. Dans notre région, la sècheresse conduit au manque d’eau chez nous et à Maurice. Un cyclone est annoncé à 2.000 km. Comme, nous n’avons pas eu de cataclysme depuis plusieurs années, que nous réserve ce météore ? La saison des cyclones ne fait que commencer.

J.B.