Edito

De la force du PCR

Philippe Yee-Chong-Tchi-Kan / 10 août 2020

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Les 61 ans d’histoire du PCR nous enseignent que, durant la période de la répression et de la fraude électorale, même sans élus, le parti influençait son territoire et son époque. Il était fort de ses militants. Leur conviction idéologique – forgée de réunions de cellules en lecture de Témoignages – combinée à leur foi en leurs dirigeants – à l’exemplarité indérogeable – produisait un engagement politique à faire frémir tout adversaire : la mythique, voire mystique, discipline des communistes réunionnais.

Les militants se donnent sans compter, contribuent aux réunions, participent aux manifestations, distribuent des tracts, font des portes-à-portes, recrutent des adhérents, votent… à l’unisson de ses dirigeants. Après débat, il n’y a qu’une seule orientation, une seule discipline qui s’appliquent à tous et à chacun.

On n’imagine pas un seul instant qu’il en soit autrement. On n’imagine pas un seul instant qu’on confie collectivement aux militants certaines tâches pendant leurs dirigeants s’y opposent, plus ou moins ouvertement, et surtout impunément. On n’imagine pas un seul instant qu’on autorise avec force mansuétude à l’un ce qu’on interdit avec véhémence à l’autre.

Aujourd’hui, l’idéologie du PCR s’est diffusée à travers quasiment tout l’échiquier politique réunionnais. On ne compte plus le nombre de rapports du parti qui fait état de « reprises de nos idées, parfois même par nos adversaires », « tout le monde s’accorde sur notre analyse », « le constat est partagé par tous », « l’actualité nous donne raison », etc.

La force du PCR demeure plus que jamais dans la foi que ses militants place en ses dirigeants.

Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan