Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
30 avril 2016, par

Un article publié dans le journal « Le Monde » rappelle combien le changement climatique a déjà des effets sur le monde du travail. Le réchauffement global amène des dérèglements. Les vagues de canicule se développent. Voici un extrait de l’article de notre confrère :
« Lors d’une manifestation dans les rues d’Hyderabad, en Inde, j’évoque la température élevée, plus de 40 °C, et un militant me rapporte qu’à plus de 50 °C, il a vu un oiseau tomber du ciel. Je lui demande alors si cela ne l’inquiète pas et il me répond : “Non, je ne vole pas”. » L’histoire racontée par Philip Jennings, le secrétaire général d’UNI Global Union, fédération syndicale internationale des secteurs de services, est révélatrice.
L’augmentation de la température due au changement climatique touche le monde du travail, mais la prise en compte du phénomène est plutôt récente. Heures perdues liées aux fortes chaleurs, accidents, maladies, productivité en berne, pertes d’emploi et migrations, la liste des conséquences est longue.
À quelques jours de la journée internationale des travailleurs du 1er-Mai, plusieurs agences de l’ONU et organisations internationales (dont l’Organisation internationale du travail, l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation internationale pour les migrations ou la Confédération syndicale internationale) ont conjugué leurs approches pour publier un rapport, jeudi 28 avril, « Changement climatique et travail : impact de la chaleur sur les lieux de travail ».
Ce rapport indique que plus d’un milliard de travailleurs sont exposés aux grandes chaleurs, c’est-à-dire quand la température dépasse 35 degrés. Ce sont les plus pauvres qui sont encore les plus touchés. Ils travaillent en extérieur ou dans des bâtiments, et cela sans climatisation. Cette situation débouche sur des problèmes de santé, car cela s’accompagne souvent de bas salaires et de droits sociaux très faibles, voire inexistants. L’exemple le plus connus sont les chantiers de construction des stades de la coupe du monde de football masculin qui aura lieu dans 6 ans au Qatar, avec des températures qui peuvent largement dépasser les 40 degrés. Des travailleurs immigrés sont contraints de continuer à produire dans cette fournaise.
Les effets sont également économiques. Soumis à une grande chaleur, un travailleur ne pourra pas être aussi productifs que dans des conditions climatiques plus clémentes.
Les prévisions du GIEC annoncent une hausse des températures. Même si du jour au lendemain, toutes les émissions de gaz à effet de serre cessaient, la chaleur augmentera encore du fait de l’important moment d’inertie de l’atmosphère. C’est pourquoi la situation continuera de se dégrader, avec un nombre de victimes qui ira en augmentant, à moins que les travailleurs arrivent à s’organiser suffisamment pour imposer aux patrons des conditions de travail décentes.
Nos peines
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