Edito

Dépenses militaires en 2019 : vers la stratosphère et au-delàààà !

Philippe Yee-Chong-Tchi-Kan / 29 mai 2020

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Au milieu des années 80, Sting chantait « I hope the Russians love their children too » [1]. Il réagissait à l’annonce du plus important programme militaire depuis la seconde guerre mondiale : Guerre des étoiles, des États-Unis d’Amérique. En prétendant défendre l’Amérique et les Américains des menaces soviétiques, Ronald Reagan allait produire suffisamment d’armes pour détruire plusieurs fois la planète. En face, les Soviétiques faisaient sans doute de même.

Puis, la fin de la guerre froide avait ouvert la voie à une désescalade des armements et même à une réduction de l’arsenal nucléaire. Mais cette époque semble bel et bien révolue. Entre 2018 et 2019, la progression des budgets militaires [2] a été la plus importante de la décennie (+3,6%) pour atteindre leur plus haut niveau depuis 1989 et la chute du mur de Berlin (1 917 milliards de dollars !).
En comparaison, le 10 octobre 2019, le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a peiné à réunir 14 milliards de dollars pour financer son programme d’activité bi-annuel 2020/2022.

L’époque change mais la marotte demeure la même. Les USA, la Russie, la Chine et la France ont officiellement annoncé la création d’une composante spatiale en complément de leurs forces armées existantes (terrestre, maritime, aérienne et cybernumérique, généralement) : une Force Spatiale, en charge des opérations militaires dans l’espace ! Il ne fait aucun doute que d’autres pays, qui possèdent des lanceurs de satellites, leur emboiteront le pas dans un avenir proche : l’Inde, l’Iran, le Japon, la Corée du Nord…
Dès lors, nous espérons que les dirigeants de ces pays aiment non seulement leurs enfants, mais également ceux de leurs voisins.

Philippe Yée Chong Tchi Kan

[1« j’espère que les Russes aiment aussi leurs enfants »

[2Source : Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (https://bit.ly/3ayfseU)