Dérives

11 mars 2005

Succès de la mobilisation d’hier pour un partage des gains de productivité, pour la défense des services publics, contre la remise en cause du Droit du travail, des 35 heures, de l’égalité des droits à l’école... La liste des revendications des centaines de milliers de personnes qui ont défilé hier à La Réunion et en France est longue. Elle est à la hauteur des attaques menées depuis près de 3 ans par un gouvernement ultra-libéral.
Il faut tout de même se rendre compte qu’une grève générale dans le public et le privé ne se déclenche pas sur un coup de tête. Et si les travailleurs sont poussés à agir de cette façon, c’est que toutes les demandes de dialogue ont jusqu’à présent été rejetées.
Mais, comme d’habitude, avant même le début de l’action, certains commentateurs ont insisté sur les conséquences de la grève, traitant au second plan les revendications. Ils prédisaient le chaos partout, mettant en garde sur les embouteillages prévisibles... Tout cela pour faire croire qu’un “bon” travailleur est celui qui peste contre ceux qui l’empêchent de se rendre à son travail et qui invective les “privilégiés” l’obligeant à trouver une solution pour garder ses enfants. Bref, des vieilles recettes constamment réutilisées pour présenter ceux qui veulent une société plus juste comme des “éternels râleurs”, perturbant la vie de “ceux qui travaillent”.
Dans le même esprit, depuis le lancement de la campagne du référendum sur la future Constitution de l’Union européenne, on peut constater que certains médias relaient des propos totalement irrationnels, où des partisans du traité prédisent le chaos si le texte est refusé par les électeurs. Et avec la décision du C.S.A. de ne pas accorder un temps équitable entre les partisans des différentes options offertes aux citoyens, on peut s’attendre à la multiplication de telles dérives.

Manuel Marchal


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Témoignages - 82e année


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