Edito

Des avancées démocratiques à Madagascar

J.B. / 14 janvier 2019

Dans notre société coloniale où la tendance est de dénigrer les colonisés, on a fait peu de cas des avancées démocratiques qui ont émergé lors des élections malgaches. En voici, 3.

1-la démission du président-candidat.

Le président de la République qui se représente à sa propre succession doit démissionner de son poste 60 jours avant le scrutin. C’est une disposition de la Constitution de la 4éme République. L’article 46 alinéa 2 stipule que “le Président de la République en exercice qui se porte candidat aux élections présidentielles démissionne de son poste soixante jours avant la date du scrutin”. Hery Rajaonarimampiannina a ouvert la nouvelle ère. L’intérim a été bien assuré.

2-l’investiture républicaine.

A la cérémonie d’investiture prévue pour le 19 janvier, il n’y aura pas de messe et d’imposition de la main sur la Bible. Le Président de la HCC (Haute Cour Constitutionnelle), Jean Eric Rakotorisoa a mis en avant le respect du caractère républicain de cette cérémonie qui priorise le principe de laïcité de l’Etat. C’est un véritable tournant dans ce pays où le poids des Eglises constitue la première force sociale organisée. Cela laisse un espace pour le développement d’un mouvement laïc.

3-Le geste de réconciliation nationale au sommet.

Dix ans séparent les événements politiques qui mettent en avant les 2 mêmes personnages Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Au final, la population a tranchée. Les félicitations transmises par le perdant au vainqueur relève, ici, beaucoup plus du fair play républicain (N’oublions pas que l’un été contraint à l’exil par l’autre). Le geste a été apprécié dans l’opinion et dans les états majors. Chez les militants ce n’était pas l’enthousiasme. En retour, le nouveau président gagnerait à marquer son mandat par un geste politique à la hauteur de l’événement qui fera de lui un sage.

Ces avancées démocratiques pourraient-elles inspirer les Réunionnais la France et La Réunion ?

JB