Application de l’APE : vers plus de chômeurs que de salariés à La Réunion
8 août, parUne catastrophe se prépare dans l’indifférence
13 décembre 2014, par

A quoi serviront-ils ? C’est la première question qui se pose à la lecture de l’Agenda des réformes présenté hier par Manuel Valls, Premier ministre.
Le gouvernement a donné les limites de la mission des futurs conseillers départementaux. Elus en mars prochain, leur fonction n’existera plus en janvier 2020. Ils n’auront plus grand-chose à voir avec les actuels conseillers généraux. En effet, au mois de février, une loi va fixer les compétences des Conseils départementaux élus le mois d’après. Le transport, les collèges, les compétences économiques – sous entendu l’agriculture – et les routes seront transférées aux Régions. Il ne restera donc plus au Conseil départemental que l’action sociale, pour moins de 5 ans. Ensuite, les Métropoles ou fédérations des intercommunalités du département assureront les missions des Conseils départementaux. Exceptionnellement, cette assemblée pourrait être maintenue. Mais l’Agenda des réformes diffusé hier ne s’étend pas là-dessus.
Ce sera une première, car les citoyens seront appelés à élire une assemblée locale vouée à disparaître au bout d’un mandat. En cette période de restriction budgétaire, il est étonnant que le gouvernement ait fait une telle concession. Il aurait été en effet beaucoup plus logique d’évacuer cette étape transitoire, car les autres institutions existent déjà. Mais c’était le prix à payer pour que le gouvernement ait dans ses rangs des ministres appartenant à un autre parti que le PS.
La principale mission des futurs conseillers départementaux sera donc de gérer l’action sociale, et de préparer le transfert du personnel vers d’autres collectivités. Pendant ce temps, le gouvernement va remplacer les sous-préfectures par des Maisons de l’État. C’est là aussi l’illustration de la suppression d’un échelon dans l’organisation territoriale.
Dans trois mois, ce sont les élections des conseillers départementaux. À La Réunion, l’actualité politique dans les médias de masse ne cesse de parler des moyens mis en œuvre par des candidats pour se faire élire en mars prochain.
A trois mois du scrutin, les électeurs doivent savoir que la mission de ces futurs conseillers départementaux est très limitée. Autant dire qu’un scrutin pour désigner des élus aux pouvoirs très relatifs ne doit pas entretenir la diversion par rapport à des problèmes essentiels.
L’un d’entre eux a été rappelé jeudi par le PCR : la menace sur la canne à sucre. Dans trois ans, si les usines du Gol et de Bois-Rouge ferment, alors ce sera le point de départ de la plus grave crise car La Réunion aura plus de travailleurs inscrits à Pôle emploi qu’en activité.
La Réunion a déjà la moitié de ses habitants sous le seuil de pauvreté. Lutter contre cette injustice, c’est une information qui doit faire la « une » des médias, plutôt qu’une campagne pour faire élire des conseillers départementaux sans moyens ?
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
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