Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
3 octobre 2016, par

Le passage du cyclone Gamède en 2007 avait fait échouer sur le littoral du Port une pierre où était gravée une date : 1886. Depuis lors, une question se posait : d’où pouvait donc bien venir cet objet ? La réponse a été donné par une photo. Cette pierre faisait partie de l’ancien phare du port de la Pointe des Galets, inauguré en 1886. Ce phare a été détruit en 1956, à cause de l’érosion maritime.
Lorsque le phare du Port a été construit, ces concepteurs avaient voulu un ouvrage qui devait durer des siècles. Il était en effet lié au premier port de commerce mis en service à La Réunion. Il faisait 20 mètres de haut, soit près de 10 étages. Mais au bout de seulement 70 ans, il n’était plus opérationnel à cause de la violence de l’océan. Il est clair qu’il n’aurait pas été construit si ses bâtisseurs avaient su qu’il durerait si peu de temps. D’ailleurs, aucun phare n’a été implanté au même endroit pour le remplacer.
Cet exemple doit faire réfléchir tous ceux qui croient que le projet de route en mer est une construction pérenne. À l’époque de la création du phare de la pointe des Galets, il n’était pas question de réchauffement climatique. Malgré cela, un bâtiment aussi solide qu’un phare n’a pas fait long feu dans cette région de La Réunion. Or c’est à quelques kilomètres de là que des responsables politiques veulent engloutir des milliards dans une route en mer.
Il est rare qu’un mois passe sans qu’il soit question d’une nouvelle étude soulignant une accélération du changement climatique. Pour La Réunion, cela correspond à une accélération de la vitesse de la montée du niveau de l’océan. Autrement dit, les prévisions faites à l’époque des études du projet de route en mer sont déjà dépassées. Les contraintes seront donc bien plus fortes que celles subies par le phare détruit. Cela interroge sur la durée de vie que pourrait avoir la route en mer si le chantier était poursuivi jusqu’à son terme.
Le phare de la pointe des Galets n’était pas au large mais sur terre, et le niveau de la mer était plus bas qu’aujourd’hui. C’étaient des conditions bien plus favorables que celles de la route en mer. Mais au bout de 70 ans, le phare était détruit à cause de la force des éléments. Les promoteurs de la route en mer utilisent les mêmes promesses que les concepteurs du phare. Ils affirment que leur route est faite pour durer. L’exemple du phare de la pointe des Galets rappelle que ce type d’argument ne résiste pas à la réalité. Alors à quoi bon dépenser des milliards pour une route qui ne pourra servir que quelques années ?
J.B.
Nos peines
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