Edito

Des patrons transporteurs demandent des comptes à Didier Robert

J.B. / 29 mai 2018

JPEG - 46.8 ko

Hier, des patrons transporteurs ont bloqué chantier de la route en mer. Ils sont inquiets car ils se sont lourdement endettés pour acheter des camions flambants neufs en croyant aux promesses de Didier Robert, et ils se rendent compte que l’argent prévu n’est pas au rendez-vous. En effet, le chantier de la route en mer est pour le moment impossible à terminer en raison du manque de matériaux. Les patrons demandent donc que les extractions de galets dans les champs de canne puissent se poursuivre à un rythme élevé afin que leurs camions continuent à tourner et leurs comptes en banque alimentés par de l’argent public versé en échange de livraisons de cailloux.

Ces galets appelés andains constituent une protection contre l’érosion, car ils empêchent la terre des champs finement épierrés de s’écouler en torrents de boue vers le littoral à la moindre forte pluie. Ils ne peuvent donc tous être enlevés, et un protocole a été mis en place pour veiller à ce que les roches jetées dans la mer ne soient pas indispensables à la lutte contre l’érosion. Ces précautions n’ont pas empêché des extractions sauvages, comme à La Possession où une carrière clandestine avait été fermée par les autorités.

Parmi les manifestants d’hier se trouvaient des personnes qui avaient participé aux blocus de la Région Réunion organisés en 2008 et en 2009 afin de déstabiliser l’institution dirigée alors par Paul Vergès. Ces méthodes dignes de la prise de pouvoir de Pinochet au Chili en 1973 ont été perpétués à La Réunion dans l’impunité la plus totale.
Une fois Didier Robert élu, les auteurs du coup de force pensaient toucher les dividendes de leur action grâce à la suppression des chantiers du tram-train et de la nouvelle route du littoral, remplacés par un chantier de route en mer très consommateur de matériaux à transporter sur les routes de La Réunion. Mais les lois de la physique s’imposent : il n’y a pas suffisamment de matériaux sur notre île, et ce ne sont pas les andains seuls qui permettront de terminer le chantier. Ce qui explique pourquoi les promoteurs de la route en mer concentrent leurs efforts sur la livraison d’une demi-route en mer dans quelques années en misant sur le succès de la construction du viaduc, et en remettant à plus tard la digue qui devait satisfaire les intérêts des patrons qui ont participé au coup de force contre la Région en 2009 et en 2010.

Hier, au bout de trois heures de discussion à la Région, les patrons mécontents ont décidé de stopper le blocage. Mais tôt ou tard, le problème va se reposer, car il n’y a pas à La Réunion de matériaux disponibles pour construire la route en mer, et donc la digue promise ne se transformera pas en montagne de bénéfices pour les patrons qui ont cru aux promesses de Didier Robert.

J.B.