Edito

Deux milliards de tonnes de glace fondent en une journée au Groenland pendant que les importations d’automobiles battent des records à La Réunion

J.B. / 18 juin 2019

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Les importations de véhicules contribuant aux émissions de gaz à effet de serre battent des records en raison des décisions politiques prises pour favoriser le tout-automobile. Le choix fait par la Région Réunion de stopper le chantier du tram-train et de transférer les crédits obtenus par Paul Vergès pour ce chantier sur celui d’une improbable route en mer est à ce sujet emblématique. Cette attitude est une dangereuse fuite en avant d’un système à bout de souffle qui conduit l’humanité vers une crise sans précédent. C’est ce que rappellent deux études publiées ces derniers jours.

Le Groenland a perdu jeudi 13 juin deux milliards de tonnes de glace, selon le Polar Portal qui réunit les institutions de recherche danoises. La fonte des glaces au Groenland s’étend d’ordinaire tous les ans de juin à août, son « apogée » se situant en juillet. Or, cette année, elle a débuté à des dates inhabituellement précoces, dès avril. Étant donné que la couverture neigeuse est d’ores et déjà inférieure à la moyenne dans l’ouest du Groenland, la combinaison de ces facteurs « signifie que 2019 sera probablement une très grande année de fonte, et aura même le potentiel de dépasser l’année record de fonte de 2012 », a indiqué CNN.

Si rien n’est fait pour limiter le réchauffement climatique, « la planète et l’humanité auront atteint un ’point de non-retour’ à la moitié du siècle, dans laquelle la perspective d’une Terre largement inhabitable entraînerait l’effondrement des nations et de l’ordre mondial », avancent les auteurs, David Spratt, directeur de recherche à Breakthrough, et Ian Dunlop, ancien cadre de l’industrie des énergies fossiles. Selon eux, il existe « une forte probabilité que la civilisation humaine touche à sa fin" dans trois décennies.
En dix pages, le rapport brosse un tableau apocalyptique. En 2050, la hausse de la température moyenne à la surface du globe aura atteint 3 °C. Plus de la moitié de la population mondiale sera exposée à des chaleurs létales au moins 20 jours par an. Et cette météo mortelle persistera plus de 100 jours par an en Afrique de l’Ouest, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est. Deux milliards d’habitants seront affectés par le manque d’eau.
Des écosystèmes tels que la Grande Barrière de corail ou la forêt amazonienne se seront effondrés. Et en été, l’océan Arctique sera navigable, libre de toute glace. Quant au niveau des mers, il aura augmenté de 0,5 mètre. Un demi-siècle plus tard, en 2100, la hausse sera de 2 à 3 mètres. Dans les régions tropicales, on comptera plus d’un milliard de déplacés climatiques. L’agriculture ne sera plus viable dans les régions subtropicales. Les récoltes mondiales auront diminué d’un cinquième. Et la population de la planète sera exposée à des risques de pandémies.
Les auteurs de l’étude ont choisi de retenir les conséquences les plus graves du réchauffement climatique en partant du principe qu’elles sont souvent mises de côté dans les publications plus consensuelles, à l’image du rapport collégial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Les auteurs de l’étude australienne plaident pour « une mobilisation mondiale massive » et jugent que celle-ci est « nécessaire dans la prochaine décennie ».

Le message est clair. A l’échelle de La Réunion, cela signifie que notre pays doit reprendre sa place d’avant-garde dans la transition énergétique, ce qui suppose de relancer le plan pour aller vers l’autonomie énergétique qui était appliqué jusqu’en 2010 par l’ancienne majorité régionale. Le défi est énorme car la part des énergies renouvelables dans la consommation primaire d’énergie à La Réunion n’était plus que de 17 % en 2017.

J.B.



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  • Le point de non-retour est déjà dépassé.

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  • Il y a de nombreux facteurs qui peuvent expliquer le réchauffement climatique . Mais si l’un des facteurs les plus importants de ce réchauffement est l’activité humaine il faut s’organiser pour réduire cette activité humaine au niveau minimum vital .On peut bien entendu préférer d’utiliser le plus possible les énergies renouvelables et continuer de vivre comme nous le faisons actuellement en courant derrière la croissance économique ; mais comme il nous faudra beaucoup de temps pour réaliser la transition énergétique nécessaire et que malheureusement nous n’avons plus beaucoup de temps devant nous puisque le réchauffement crée lui même un effet de réchauffement qui s’accélère chaque année l’humanité devrait entrer dans une phase d’activité minimale pour limiter sa responsabilité dans le réchauffement climatique .

    Cela signifie qu’il faut éviter d’augmenter la population humaine et que la population active actuelle soit moins active .Non en créant plus de chômage mais en réduisant au minimum le temps de travail et en partageant le mieux possibles les richesses produites par les travailleurs et par la planète elle même indépendamment du travail des hommes pour que tout le monde puisse continuer de vivre . Mais pour cela il nous faut carrément changer de civilisation et ne produire que ce dont nous avons besoin réellement .

    La planète compte déjà près de 8 milliards d’habitant ; mais près de la moitié de la population mondiale vit au dessous du seuil de pauvreté et contribue par leur mode de vie à l’augmentation de l’effet de serre tandis que que de l’ autre côté l’autre moitié de la population mondiale produit et consomme plus que ce dont elle a besoin et par conséquent contribue également par cette surproduction et cette surconsommation l’augmentation de l’effet de serre et au réchauffement climatique .

    La solution passe peut être par:donner du travail à tout le monde pour produire et consommer juste ce dont on a besoin pour tout le monde et maintenir un équilibre climatique de notre planète . Mais sommes nous vraiment capable d’entrer dans cette démarche ?.

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