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Les actionnaires du complexe militaro-industriel français s’impatientent et envoient un général faire peur aux maires
21 novembre 2025, par

Un discours alarmiste du chef d’état-major devant les maires sert surtout à pousser à une hausse des dépenses militaires. En agitant le spectre d’une guerre inévitable, il cherche à transformer les élus locaux en relais d’une mobilisation budgétaire dont le complexe militaro-industriel français, pressé d’obtenir de nouveaux profits, serait le véritable bénéficiaire.
À écouter le chef d’état-major des militaires français devant l’Association des maires de France, on pourrait croire que la guerre menace et que chaque commune devrait déjà se préparer à l’impact. Mais derrière ce déluge de scénarios apocalyptiques, un constat s’impose : les actionnaires du complexe militaro-industriel français semblent pressés, et le général joue le rôle de messager chargé d’effrayer les élus .
Le récit est réglé comme une mécanique : retrait américain, Chine agressive, terrorisme en expansion, Moyen-Orient en flammes… et surtout une Russie dépeinte comme prête à attaquer l’Europe d’ici 2030. L’objectif implicite est limpide : pousser les maires, relais indispensables auprès des citoyens, à accepter sans discuter une hausse massive et durable des budgets pour acheter des armes. Le général insiste sur la « souffrance économique » nécessaire, sur les sacrifices à consentir, et sur la priorité absolue que les communes devraient accorder à la guerre.
Ce discours alarmiste tombe à point nommé pour une industrie dont les carnets de commandes se remplissent, mais pas suffisamment vite au goût de ses actionnaires. En brandissant l’ombre d’un conflit imminent, ces derniers espèrent verrouiller l’adhésion des élus locaux, légitimer des dépenses déjà colossales et préparer encore davantage de crédits publics orientés vers les armes.
Les maires savent pourtant que ceux qui les ont élus attendent plutôt des réponses en matière de santé, d’éducation, de logement ou de services publics en crise. Leur demander de devenir les relais d’une mobilisation militaire permanente revient à déplacer sur eux la responsabilité d’un choix politique majeur.
Une telle question mérite un débat démocratique, pas une campagne de peur orchestrée pour satisfaire l’impatience d’actionnaires déjà ultra-riches.
M.M.
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