Droit du sol aboli ?
Un tollé général

19 septembre 2005

Les orientations prises par la “réflexion gouvernementale” sur le droit du sol a déclenché un tollé dans la classe politique française - à gauche surtout et dans les milieux républicains, choqués par le déséquilibre que le gouvernement UMP, derrière Nicolas Sarkozy, veut introduire dans le droit à la nationalité.
Ce dernier repose depuis des siècles sur une combinaison - souvent modifiée dans son équilibre mais toujours duelle - entre “droit du sang” et “droit du sol”.
Il serait gravissime que certaines des dispositions imaginées pour l’Outre-mer introduisent une rupture historique et juridique qui, au-delà du débat qui s’enflamme sur ces valeurs républicaines, en France, prendrait dans l’Outre-mer la dimension d’un séisme politique.
Dans nos sociétés, l’abolition de l’esclavage et l’accès à la citoyenneté en 1848 de 62.000 affranchis, sur à peine 100.000 habitants, n’ont pu jeter les bases de rapports sociaux évoluant vers l’égalité que par référence au “droit du sol”, sans lequel ces milliers d’exilés déshumanisés n’auraient jamais eu droit à une existence citoyenne.
La remise en cause de ce droit, dans des sociétés construites sur des vagues successives d’immigration massive, et permanentes jusqu’à aujourd’hui, reviendrait à “fermer la porte” aux ressortissants de l’océan Indien, nos frères, nos enfants, nos ancêtres.
Ce serait faire, de chacune de nos îles, un bagne.

P. David


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Témoignages - 82e année


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