Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
24 novembre 2010, par

Entre les « bois » ramassés par nos conseillers régionaux en Australie, leurs collègues qui sucrent les allocations doctorales aux meilleurs étudiants, les médias réunionnais qui crient au complot communiste dès qu’on inaugure quelque chose dans l’Ouest et le nerveux KK de Mme Farreyrol, on commençait à se demander si notre pays n’était pas devenu un pionnier dans cette catégorie que les plus jeunes d’entre nous nomment « le grand n’importe quoi ».
Il semble pourtant que l’Hexagone n’ait pas dit son dernier mot. Nicolas Sarkozy, qui traitait hier des journalistes de pédophiles, montre presque chaque jour qu’il ne se laisse pas si facilement distancer.
Mais c’est d’un média français que vient la preuve la plus éclatante de la performance de l’ancienne métropole coloniale dans le grand n’importe quoi.
Avant-hier, on apprenait que Mlle Audrey Pulvar, journaliste vedette d’"I-Télévision", n’assurerait plus désormais son émission politique. Motif : elle a pour compagnon le socialiste Arnaud Montebourg, qui vient d’annoncer sa candidature aux primaires internes du PS. Explications embarrassées de la rédaction : Mlle Pulvar n’est pas suspecte de manquer d’objectivité… mais un peu tout de même.
En clair : l’Élysée a dû demander qu’on fasse taire une journaliste qui n’a cessé d’irriter le pouvoir, qui défilait contre la casse des retraites et qui répond « le nègre t’emmerde » à Jean-Paul Guerlain, bon dalon, et, dit-on, parfumeur du chef de l’État. Alors que dans le même temps, l’UMP a des publicistes dans tous les médias, se sert allègrement de ceux qui appartiennent à l’État… et que les prises de position d’un Zemmour ou d’un Apathie à l’antenne sont bien plus proches de la propagande que les hypothétiques manquements à l’objectivité dont pourrait faire preuve Mlle Pulvar dans le cadre de son travail.
La question, pensons-nous, concerne profondément les médias réunionnais : que deviendraient de nos journalistes, publics et privés, si la proximité envers le pouvoir devenait un critère de passage à l’antenne ?
On vous le dit : du grand n’importe quoi.
G.G.-L.
Nos peines
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