Élever le débat

25 mai 2004

Au cours des six prochaines années de mandat du Parlement européen, deux rendez-vous importants - entre autres - attendent La Réunion. Le premier concerne la filière canne-sucre. Avec la mondialisation libérale, on voit la volonté d’aller vers la fin du prix garanti pour les producteurs de sucre de l’Union européenne (UE). Si le sucre de l’UE est livré à l’anarchie du tout-marché, le prix baissera. Et donc les revenus des planteurs et de bien d’autres personnes. Comment dans ces conditions garantir la survie des professionnels et de notre savoir-faire agro-industriel ?
Le deuxième enjeu est lié à l’élargissement de l’Union à 10 nouveaux pays : cela fait diminuer le revenu moyen par habitant de l’UE. Or pour prétendre au maximum de la solidarité européenne, la richesse d’une région doit se situer en-dessous de 75% de ce revenu moyen.
Mécaniquement, des RUP comme les Canaries et Madère sont déjà exclues de ce dispositif, du fait de la diminution du seuil. Se situant juste en dessous de 75%, la Martinique est en sursis. Et bientôt, si rien ne change, c’est La Réunion qui sera touchée.
Vu nos retards structurels, si nous n’avons plus droit au maximum de la solidarité européenne, beaucoup de projets indispensables à notre développement durable seront remis en cause : le tram-train, le financement des lycées et des plans de formations pour garantir à chaque jeune réunionnais le droit au savoir...
Ceci montre combien il est nécessaire d’élever le débat de cette campagne électorale.

M. M.


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Témoignages - 82e année


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