Edito

Eliakim rappelle l’urgence d’une justice climatique

J.B. / 20 mars 2018

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A Madagascar, le passage de la tempête tropicale Eliakim a tourné à la catastrophe. 17 personnes sont mortes et plus de 20.000 sont sinistrées. À ces drames s’ajoutent d’importants dégâts matériels. De nombreuses routes sont coupées et un éboulis a obstrué celle qui relie Antananarivo à Toamasina. Tant que la circulation n’est plus possible sur cet axe, plus rien ne peut plus venir du principal port de Madagascar dans la capitale, notamment le carburant.

Cette catastrophe remet de nouveau le problème du climat sur le devant de l’actualité. Il rappelle que face à ces événements, les inégalités existent. Les activités humaines ont un impact sur le climat. C’est la conséquence de la consommation de charbon et de pétrole dans les pays qui étaient des puissances coloniales à partir du milieu du 19e siècle.

Les habitants de Madagascar ont contribué de manière négligeable à l’accroissement des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ils sont pourtant un des pays qui en subissent le plus les conséquences. Madagascar est en effet une île située sur les tropiques, plus grande que la France. Les cyclones qui transitent au large de La Réunion vont donc souvent atteindre une région de Madagascar. Ils infligent alors des dégâts importants à un pays dont une grande partie de la population vit dans la pauvreté et n’a pas les moyens de se protéger.

Ceci souligne que le soutien envers les victimes des cyclones à Madagascar doit s’intensifier. C’est une question de justice. L’Union européenne est particulièrement concernée car elle compte sur son territoire des pays qui ont été les pionniers dans le système de développement dominant qui s’est ensuite diffusé dans le monde : la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France qui étaient avec les États-Unis les grandes puissances industrielles du début du 20e siècle. Plus qu’une solidarité, c’est une question de justice. Et pour obtenir réparation des préjudices subis, ce sont des centaines de millions d’euros annuels au minimum qui permettront aux Européens de s’acquitter de leur dette climatique.

J.B.