Edito

Emploi : pour des solutions réunionnaises face à l’échec des politiques des gouvernements

J.B. / 16 novembre 2018

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Quelques semaines après la visite de la ministre des Outre-mer, c’est une autre membre du gouvernement qui est arrivée dans notre île hier pour une visite de 48 heures. Muriel Pénicaud est ministre du Travail. C’est donc de sa compétence que relève l’emploi, le principal problème des Réunionnais.

Comme souvent lors des visites ministérielles, des annonces sont faites. L’une d’entre elles a concerné les emplois aidés. La ministre a indiqué qu’ils ne seront pas supprimés, et que leur nombre en 2019 sera le même que cette année, aux alentours de 11.000. Elle a également indiqué que le but recherché par le gouvernement est celui de la « qualité ». Elle a en effet affirmé qu’auparavant, les contrats aidés bénéficiaient à des personnes vulnérables qui occupaient alors temporairement un emploi précaire avant de retourner au chômage.

L’annonce de la ministre rappelle que quels que soient les gouvernements qui se succèdent, la politique de l’emploi ne change pas. C’est toujours plus ou moins d’emplois aidés, tandis que du côté du coût de production, c’est plus ou moins de défiscalisation. Depuis plusieurs décennies, l’application de cette politique a donné le résultat suivant : plus de 180.000 demandeurs d’emploi, plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans sortis de l’école au chômage avec pour conséquence plus de 40 % de la population sous le seuil de pauvreté.

La question de l’emploi est liée à celle du développement. Tant que La Réunion restera bloquée dans une situation de non-développement, alors le nombre d’emplois restera insuffisant pour répondre à la demande. Il est pourtant possible de placer La Réunion sur la voie du développement, à condition de faire de La Réunion un atout pour La Réunion et pas pour la France ou l’Europe. Cela suppose notamment de relancer au plus tôt le programme d’autonomie énergétique totale de l’île, objectif qui devait être atteint en 2025. 8 ans ont déjà été perdus, il est urgent de stopper cette hémorragie en créant les conditions pour réunionniser totalement la production d’énergie, les matières premières telles que le soleil, l’énergie de la mer, celle du volcan et le vent sont disponibles en abondance. Rapatrier à La Réunion tous les emplois liés à la consommation de son énergie, c’est lutter contre le chômage.

La question de la précarité des emplois aidés peut être réglée par la création de deux grands services destinés à répondre à d’importants besoins dans l’environnement et l’aide à la personne. La lutte contre le changement climatique et l’augmentation du nombre de personnes âgées rappellent que ces secteurs sont des gisements d’emplois pérennes qui pourraient être une porte de sortie pour des dizaines de milliers de Réunionnais au chômage. En présentant cette proposition, le PCR demande également qu’elle soit expertisée.

L’énergie, l’environnement et l’aide à la personne sont quelques exemples qui s’appuient sur les atouts de La Réunion.

J.B.