Edito

En France, on soutient activement les riches et on aide ponctuellement les pauvres.

Julie Pontalba / 20 novembre 2020

Après le discours fait par le Président de la République, le premier ministre a annoncé le versement d’une aide exceptionnelle de solidarité, le 27 novembre. Pour La Réunion, elle représente 33 millions d’euros. Elle concerne 141 000 foyers et 159 000 enfants. Les détails du versement sont visibles sur le site de la CAF.


Cette aide a été décidée pour permettre aux plus pauvres et ménages fragiles de faire face à la crise. Elle intervient quelques jours après la publication du rapport du secours catholique sur l’état de la pauvreté en France. Selon les chiffres des réceptions en permanence, « plus de la moitié des ménages accueillis disposent de moins de 9 euros par jour de reste pour vivre par personnes. 4 ménages sur 10 sont même dans l’incapacité de couvrir leurs dépenses alimentaires quotidiennes ». L’institution caritative préconise un relèvement des minimas sociaux, en l’absence de revenu d’activités.

Si rien n’est fait pour redresser la situation, le chiffre de 9 millions de pauvres sera dépassé. La Présidente du Secours Catholique n’est pas tendre : « c’est une honte dans notre pays riche ». Pour une fois, le gouvernement n’est pas loin de la réalité puisque le Ministre de la Santé et des Solidarités avance le chiffre de 8 millions.

Mais une fois de plus, c’est Emmanuel Macron qui fixe les limites. « Je préfère cette aide exceptionnelle plutôt qu’une augmentation des minimas sociaux », dit-il. Pourquoi, d’après vous ? Pour qu’on « ne perde pas nos fondamentaux, la lutte contre la pauvreté par l’activité et le travail ». Or, il n’hésite devant rien pour le soutien permanent aux riches : il leur a fait cadeau de l’impôt sur la fortune (ISF) et il accorde des crédits d’impôts sans contrepartie d’emploi.

Ainsi, tout se passe comme si l’aide aux plus pauvres c’est pour financer l’achat des produits essentiels, comme les masques rendus obligatoires et vendus massivement en grande surface. En réalité "l’aide" ne fait que transiter de la carte des pauvres pour finir en bénéfices chez les riches.

Julie Pontalba