Edito

En France : report climatique du brevet. À La Réunion : pas de calendrier climatique

J.B. / 25 juin 2019

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En France, l’été a commencé depuis moins d’une semaine, et déjà la canicule s’est installée pour plusieurs jours. L’alerte est si sérieuse que le gouvernement a appliqué largement le principe de précaution. Un examen national aussi important que le brevet a été reporté dans les Académies situées en France. Hier, les températures étaient déjà bien au-dessus de 30 degrés, et des pointes à 40 sont annoncées.

Interrogé à ce sujet dans « l’Humanité » d’hier, le climatologue Jean Jouzel explique que : « Il devrait être très intense : on annonce des températures qui avoisineront les 40 degrés ! Cela rappelle la canicule de 2003, mais beaucoup plus tôt. À la différence près que nous sommes bien mieux préparés qu’à l’époque. Et la population est mieux avertie. Alors, oui, on peut parler d’un épisode précoce. Toutefois, il n’est probablement pas unique, ni exceptionnel ». « Un épisode de chaleur précoce qui pourrait se répéter dans les décennies à venir, selon le climatologue Jean Jouzel. », précise notre confrère. Rappelons que la canicule de 2003 a été désignée responsable de près de 15.000 décès prématurés.

Les causes de ce phénomène sont connues : les modes de production et de consommation dominants à l’origine de rejets massifs de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ces gaz augmentent l’effet de serre, ce qui fait monter la température moyenne à la surface de la planète. Cet événement rappelle que la fenêtre de tir pour agir se réduit chaque année, et imposera d’aller vers un monde sans charbon ni pétrole toujours plus rapidement.

C’est donc parce que les prévisions météo annoncent que la température se maintiendra plusieurs jours bien au-dessus de 30 degrés que le ministère de l’Éducation nationale a décidé de reporter les épreuves de l’examen du brevet des collèges devant se dérouler jeudi et vendredi. « On ne peut pas transiger avec la sécurité », a expliqué le ministre Jean-Michel Blanquer, lors d’une conférence de presse organisée dans l’urgence.

Il s’avère qu’à La Réunion, en raison du raccourcissement des vacances d’été au profit de l’allongement de celle d’hiver, les températures supérieures à 30 degrés en période scolaire sont loin d’être exceptionnelles, et ce qui est considéré en France comme un épisode caniculaire ne donne lieu à La Réunion à aucune mesure de fermeture des établissements scolaires. Les propos du ministre soulignent bien un problème quant à l’organisation du calendrier scolaire à La Réunion, car si « on ne peut pas transiger avec la sécurité » quand le thermomètre dépasse 30 degrés pendant plusieurs jours et que l’on reporte un examen national, un même épisode caniculaire à La Réunion ne déclenche pourtant pas cette mesure de fermeture, stricte application du principe de précaution.

En France, quand le thermomètre monte, les élèves ont droit à un report climatique du brevet. À La Réunion, quand le thermomètre monte, les élèves n’ont pas droit à un calendrier climatique et doivent venir en classe pendant les semaines les plus chaudes de l’année, sous les Tropiques qui plus est ! Comment expliquer cette différence de traitement devant un phénomène identique pour les deux peuples concernés ?

J.B.