Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
21 janvier 2009, par

Si l’on veut changer entièrement le modèle de développement qui nous est imposé depuis trois siècles et demi et aller vers un développement durable de La Réunion, c’est à qui de décider comment on gère les affaires du pays et on l’administre, sinon aux Réunionnais eux-mêmes ? Or, les 24 communes de La Réunion, sauf Le Port (1895) et Cilaos (1965), ont toutes été créées par le pouvoir lorsque notre île avait officiellement le statut de colonie, était exploitée dans le cadre d’une économie de plantation et soumise au système esclavagiste.
À l’époque, il y avait entre trois et cinq fois moins d’habitants qu’aujourd’hui et que dans vingt ans. Et ces administrations communales furent mises en place selon les concessions des colons, pour les intérêts de ces derniers, “du battant des lames aux cimes des montagnes”, entre deux ravines.
Aujourd’hui, alors que le statut de colonie a été aboli par loi depuis 63 ans (le 19 mars 1946), que l’économie a été fortement transformée (84% pour le secteur tertiaire à présent) et que nous avons d’énormes défis à relever (chômage, logement, illettrisme, énergies nouvelles, déplacements durables, émancipation culturelle...), pouvons-nous rester prisonniers d’un tel système administratif ? Manifestement, nos communes ne sont pas adaptées à cette réalité.
Puisque nous entrons dans l’ère de la responsabilité réunionnaise, nous devons créer les conditions pour que le maximum de Réunionnais puissent devenir en toute liberté des acteurs du développement de leur pays. Cela signifie notamment davantage de proximité avec la population et de responsabilités sur le terrain, dans les quartiers, etc...
Voilà pourquoi tout le monde se félicite de l’exemple donné par la municipalité de Saint-Louis, conduite par Claude Hoarau, de créer enfin la 25ème commune de La Réunion. C’est un pas en avant vers plus de démocratie participative des Réunionnais, dans le cadre d’un partenariat renforcé de nos collectivités.
Cette initiative est d’autant plus méritante qu’elle vient d’élus municipaux ayant décidé d’écouter les citoyens mobilisés pour cette cause. Une pratique exemplaire, qui est encore trop peu suivie dans le pays.
L. B.
Nos peines
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