Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
5 janvier 2011, par

L’actualité sociale, dominée par la grève des employés de Bois-Rouge et du Gol, a porté à la connaissance de l’opinion un fait relativement méconnu : 60% de l’énergie produite dans notre île est fournie par ces deux sites, grâce à la combustion de charbon et de bagasse. Pour ceux qui l’ignoreraient, il n’est pas inutile de préciser que Séchilienne-Sidec se trouve aux mains d’un fonds de pension — Apax Partners, fondé en 1972 aux USA — via un opérateur financier, la “Financière Hélios”. La Séchilienne-Sidec opère bien entendu grâce à la bénédiction (sonnante et trébuchante) d’EDF, opérateur historique dont l’influence demeure déterminante dans le secteur, qui est d’ailleurs son seul client.
En d’autres termes, la plus grande part de la production et de la distribution de l’énergie dans notre pays est aux mains d’un quasi-monopole, qui produit et achemine de l’énergie issue de la combustion de matières fossiles. Un procédé fort polluant qui renforce de surcroît la dépendance de notre île envers les importations de charbon.
Une lourde facture pour le consommateur… mais de juteux profits aux dépens des Réunionnais pour les entreprises du secteur, leurs propriétaires et leurs actionnaires en France et aux États-Unis. Pour briser le cercle vicieux dépendance-pollution-facture énergétique, l’Alliance avait, au cours des deux précédentes mandatures, engagé une vaste politique visant à l’autonomie énergétique. Celle-ci passait particulièrement par un recours massif au solaire, à la construction d’une centrale d’énergie thermique marine utilisant la différence de température entre la surface et les fonds marins.
Un programme que l’UMP de Didier Robert s’est empressé de briser, en votant la fin de la défiscalisation du photovoltaïque… vite suivi en cela par EDF, qui a mis tout en œuvre pour déplacer le projet de centrale d’énergie thermique des mers vers la Martinique. La part des énergies renouvelables n’y étant que de 2%, l’opérateur historique pourra vendre sans concurrence sa production. Et assurer, à La Réunion, l’avenir de la centrale thermique qu’il construit dans l’Ouest. La politique impulsée par le gouvernement et ses relais locaux, qui n’ont pourtant cessé de se gargariser de Grenelle de l’Environnement et de GERRI, sert donc avant tout les intérêts de gros consommateurs d’énergies fossiles… que le pouvoir d’État n’hésite pas à protéger en recourant à la force contre les grévistes. Ce sont cette emprise et cette complicité qui ont été mises en lumière par le mouvement social du Gol et de Bois-Rouge.
GGL
Nos peines
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