Edito

Et les autres ?

Philippe Yee-Chong-Tchi-Kan / 13 juillet 2020

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Photo Toniox.

« Si vous venez d’avoir votre bac, ce message est pour vous ! » Ainsi commence la première publication du Président de la République sur la plateforme préférée des adolescents, TikTok.
Comme chaque fin d’année scolaire, tous les lauréats des épreuves de fin d’études secondaires et, parfois, supérieures reçoivent des félicitations.

Tous ? Pas vraiment. Même s’il faut reconnaître ici ou là certains efforts, la sacralisation du baccalauréat laissent sur le bord du chemin les lauréats du BEP ou CAP, quand ce ne sont pas tous les bacheliers professionnels qui sont négligés. Pourtant ces diplômes sanctionnent l’acquisition de savoirs et la maîtrise de savoir-faire propres à garantir le bon exercice de métiers réglementés. Ce n’est pas rien.
Et qu’en est-il des autres ? De ceux qui, malgré leurs efforts, malgré les efforts de la communauté éducative et scolaire, n’ont su ou n’ont pu achever « la voie royale du parcours scolaire » ?
Le Président de la République, s’adressant uniquement à ceux qui « [venaient] d’avoir [leur] bac » leur dit : « vous êtes cette génération (… ) du monde d’après (…) privés de fréquenter vos amis… », « votre génération a donc devant elle un monde à inventer ».

Mais, Monsieur le Président, c’est le cas de tous les élèves et étudiants. Pas uniquement ceux qui viennent d’avoir leur bac. Tous ont été affectés par les restrictions sanitaires. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas réussi aux épreuves qu’ils sont moins méritants aujourd’hui ou qu’ils seront moins capables d’inventer le monde demain. Pourquoi réserver votre parole qu’à certains ? Il n’y aura donc aucun mot pour tous ?
Je félicite tous les lauréats, d’autant qu’il faut reconnaître qu’ils ont particulièrement du mérite à avoir réussi dans ces conditions sanitaires exceptionnelles. Et je félicite et j’encourage tous ceux qui n’ont pas réussi aux épreuves, cette année, en leur disant que demain est un autre jour sur la voie de leur réussite personnelle et collective.

Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan