Témoignages - Journal fondé le 5 mai 1944
par le Dr Raymond Vergès

Accueil > Politique > Edito

Et pendant ce temps, le virus de la faim se propage

mercredi 18 août 2021, par David Gauvin


Un nouveau rapport d’Oxfam révèle que le nombre de personnes en situation de famine a été multiplié par six depuis le début de la pandémie. 11 personnes pourraient mourir de faim et de malnutrition chaque minute d’ici la fin de l’année. Selon le rapport intitulé « Le virus de la faim se propage », les conflits restent la principale cause de la faim depuis la pandémie.


En 2021, 155 millions de personnes sont en situation de crise alimentaire, soit 20 millions de plus que l’année dernière. Depuis le début de la pandémie, le nombre de personnes vivant dans des conditions de famine a été multiplié par six, atteignant plus de 520 000 individus. Sans action immédiate, d’ici la fin de l’année, 11 personnes pourraient décéder chaque minute de la faim à cause du cocktail explosif des trois « C » : les conflits, la Covid-19 et la crise climatique. Une cadence supérieure au taux de mortalité actuel dû à la pandémie, qui est de 7 personnes par minute ! Alors que nous produisons assez de nourriture pour alimenter 1,5 fois la population mondiale, c’est bien le manque d’accès à la nourriture qui entraîne les situations de crise alimentaire.

Les conflits sont la principale cause de la faim depuis que la pandémie s’est déclarée. Deux personnes sur trois en situation de crise alimentaire vivent dans un pays en guerre ou en conflit. Certains des pires foyers de faim extrême dans le monde – dont l’Afghanistan, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, la Syrie et le Yémen – continuent d’être ravagés par les conflits et ont connu une augmentation des niveaux extrêmes de la faim depuis l’année dernière. Au Sahel, les pays les plus déchirés par les conflits, comme le Burkina Faso, ont connu une augmentation de plus de 200 % de la faim entre 2019 et 2020.

Les conséquences économiques de la Covid-19 sont le deuxième principal facteur de la crise alimentaire mondiale. Si les grandes fortunes ont continué de s’enrichir pendant la pandémie, dans le même temps, le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté devrait atteindre 745 millions fin 2021, soit une hausse de 100 millions de personnes depuis le début de la pandémie. Le chômage de masse et la production alimentaire gravement perturbée ont entraîné une hausse de 40% des prix alimentaires mondiaux, la plus forte hausse depuis plus de dix ans. Enfin, le rapport pointe l’impact des événements climatiques extrêmes exacerbées par le changement climatique. Ces catastrophes ont plongé près de 16 millions de personnes dans 15 pays dans des niveaux d’insécurité alimentaire critiques.

Il est urgent de combattre les causes structurelles de la faim. Les gouvernements doivent notamment œuvrer pour un système agricole et alimentaire plus juste et plus durable, qui garantisse les droits humains tout en respectant les limites de la planète. Pour nous, atteindre l’autosuffisance alimentaire n’est plus un objectif mais une nécessité. La Réunion n’est pas à l’abri de l’inflation des matières premières agricoles qui va renchérir les prix des aliments. Evidemment, les dons aux associations sont nécessaires, mais la vrai solution est dans l’éradication du capitalisme et l’avènement d’un nouveau monde solidaire et écologique, qui ne laisse plus les peuples à la merci des marchés.

“Si la famine vient, la suprême loi c’est le salut du peuple.” Montesquieu

Nou artrouv’

David Gauvin



Un message, un commentaire ?

signaler contenu


Facebook Twitter Linkedin Google plus