Edito

Et si on parlait de tous ces gens que l’on tue ?

Julie Pontalba / 23 octobre 2020

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Il y a ces personnes qui meurent en martyr, exécutées au grand jour, pour leurs idées, leurs convictions religieuses, leur orientation sexuelle, leur couleur, leur sexe, etc. La liste est longue. Leur mort tragique, pour une raison aussi banale qu’injuste, bouleverse sur moment et participe à l’évolution les idées à long terme. La mort de Malcom X a-t-elle permis l’élection des années plus tard de Barack Obama ? On peut penser qu’elle y a contribué. Souhaitons que la décapitation en pleine rue d’un jeune professeur d’histoire, fasse réfléchir les masses populaires et les élites sur les sujets de la liberté dans sa globalité ainsi que du rapport aux croyances. La question n’est pas simple.

Et puis il y a ces autres gens qu’on laisse mourir presque dans l’indifférence. Ceux qui meurent de faim ou de soif, parce que les hommes n’ont pas réussi à imposer la nourriture comme une priorité de l’ensemble des humains de la planète. D’un côté, on s’efforce autant que possible de lutter contre le gaspillage, la « mal bouffe », l’obésité, le diabète sucré ; de l’autre côté, les enfants meurent pour le simple manque de denrées alimentaires et d’eau. Pourtant, il y a des dirigeants dans ce monde. Au fond, savoir qu’il y a cette situation inégalitaire et ne pas imposer de mesures plus strictes pour y mettre fin, n’est-ce pas un meurtre ?

Il y a ces gens que l’on tue, avec la bénédiction de leurs dirigeants, sous les bombes et les rafales militaires, consciemment confectionnées et vendues par les pays riches qui, eux, préservent leur peuple de ce genre d’atrocité. Ce ne sont ni plus ni moins que des crimes organisés et officialisés.

Est-ce que leurs morts causés dans des conditions tragiques permettront un jour de faire changer les choses ? Est-ce qu’une nouvelle génération de responsables politiques pourra-t-elle en finir avec les discriminations, les conflits et les guerres ?
La crise COVID nous a confronté à la mort comme jamais avant, elle nous a aussi montré à quel point, les systèmes de pensée, la richesse et l’abondance ne nous protégeaient pas. Comme à chaque moment important de notre histoire humaine c’est la solidarité qui nous a sauvés.

Julie Pontalba