Edito

Face à la crise, nouveau mode d’expression : blocage de la SRPP par un collectif de citoyens

J.B. / 30 mai 2018

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Un collectif « Réunionnais en colère » a lancé hier pour aujourd’hui un appel au blocage de la SRPP, lieu de stockage de tous les carburants vendus à La Réunion. Cette annonce était diffusée hier sur Facebook. En voici le contenu :

« Cette grève c’est pour se rebeller contre la vie chère et surtout contre l’augmentation de l’essence.
Depuis un certains nombres d’années on entend les Réunionnais se plaindre que la vie est chère ,et que personne ne réagit. Voila les citoyens ont compris que si l’on ne réagit pas par nous même rien ne se fera .Alors certes cette décision a été prit rapidement mais les augmentations arrivent aussi vite.
Aujourd’hui cette action est menée par des jeunes certes mais si l’on ne réagit pas pour les générations a venir ils vivront plus ils survivront, chose que nous subissons déjà.
Ce mouvement de grève n’est en aucun cas pour casser, se disputer mais pour discuter et trouver des solutions ensemble main dans la main.
Soyons solidaires et battons pour notre ile, pour notre avenir. »

Dès cette annonce, de longues files se sont formées devant les stations-service. Car des milliers d’automobilistes ont eu peur de se trouver à court d’essence dans les jours qui viennent. Ce phénomène n’a pas manqué de provoquer subitement des embouteillages à proximité des points de distribution de carburants. Ceci a rappelé la forte dépendance des Réunionnais à un produit importé, dont ils n’ont aucune possibilité d’influer sur le prix.

C’est un collectif se situant en dehors des syndicats et des partis politiques qui est donc passé à l’action ce matin. Cela n’est pas sans rappeler les mouvements de Guyane l’an dernier et de Mayotte cette année où c’est un collectif de citoyens en colère qui avait pris les devants. Ce matin, l’État a rapidement agi pour faire lever le blocage de la SRPP. Les manifestants n’étaient pas des patrons transporteurs dotés de camions capables de dresser des barrages routiers, ce qui a facilité la tâche des policiers.

C’est une nouvelle illustration de la crise à La Réunion, avec des oppositions à ce système qui ne demandent qu’à s’exprimer.

J.B.