La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
24 août 2017

En déplacement dans le Gers le 18 août dernier, Edouard Philippe, Premier ministre, s’est livré à une attaque en règle contre les emplois aidés. Il a estimé qu’ils ont « longtemps été un instrument de gestion opportune et politique », jugeant cet outil « souvent onéreux » et « peu efficace » pour retrouver un emploi. « On aura l’occasion d’avoir ce débat à l’occasion de la présentation du budget, je ne vais pas préempter les sujets qui relèvent du Parlement … La seule chose que je peux indiquer, parce que cela a déjà été dit par le ministre du Travail, c’est que si les emplois aidés avaient été un instrument efficace de lutte durable contre le chômage, ça se serait vu ».
« Cela a très longtemps été un instrument de gestion opportune et politique parce qu’on les développait curieusement à la veille d’élections présidentielles. C’est étonnant cette capacité qu’on a eue pendant longtemps… La sortie vers un emploi stable et durable de ceux qui bénéficient de ces contrats n’a pas toujours été à la hauteur de ce qui était prétendu par les instigateurs ou par les utilisateurs de ces contrats. Et donc notre objectif, ce n’est pas de nous positionner pour ou contre ces contrats aidés, c’est d’avoir une politique de formation qui permettra au maximum de Français de retrouver un emploi… Je crois en la matière beaucoup plus à une formation individualisée, de qualité, qu’à un contrat aidé, qui est souvent une façon passagère, peu durable, onéreuse, peu efficace, de prétendre retrouver un emploi ».
Si le chef du gouvernement est très clair pour dénigrer les emplois aidés, il reste dans le flou pour la proposition alternative. Il plaide pour une politique de formation, sans donner d’échéances et d’objectifs chiffrés. En attendant, le gouvernement a déjà procédé à des baisses drastiques dans les effectifs des emplois aidés, sans que cette « politique de formation » soit mise en œuvre. Les dégâts sont considérables.
À La Réunion, c’est une toute autre politique qui est nécessaire. Elle passe par la pérennisation des emplois aidés dans deux grands services d’intérêts publics pour répondre aux besoins dans l’environnement et l’aide à la personne. Dans ce cas, l’emploi aidé est un tremplin vers l’emploi durable.
J.B.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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