Edito

Face aux effets du changement climatique, l’importance de travailler avec nos voisins

J.B. / 22 septembre 2018

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Un rapport de la FAO publié jeudi rend compte d’une nouvelle aggravation sur le front de la lutte contre la faim. Voici un extrait du communiqué publié à cette occasion :

« Les conflits qui perdurent et les chocs climatiques contribuent à aggraver les niveaux d’insécurité alimentaire, déjà élevés, et ce, surtout dans les pays d’Afrique australe et du Proche-Orient, qui ont toujours besoin d’une aide humanitaire.
Près de 39 pays, dont 31 en Afrique, sept en Asie et un dans les Caraïbes (Haïti), ont besoin d’une aide alimentaire extérieure - une situation qui demeure inchangée depuis trois mois, selon le rapport sur les Perspectives de récoltes et situation alimentaire. La FAO insiste sur le fait que les conflits prolongés, les événements climatiques extrêmes et les déplacements de population ont des répercussions extrêmement négatives sur l’accès de millions de personnes vulnérables à la nourriture.
Selon le rapport, les conflits civils et les déplacements de population demeurent les principales causes de l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Est et au Proche-Orient, tandis que les conditions climatiques sèches ont contribué à réduire les productions céréalières en Afrique australe.
Les dernières prévisions de la FAO pour la production céréalière mondiale en 2018 font état de 2 587 millions de tonnes, soit son plus bas niveau en l’espace de trois ans et 2,4 pour cent en dessous du niveau record enregistré l’année dernière. »

La FAO précise que Madagascar figure parmi les 39 pays ayant besoin d’une aide alimentaire extérieure.

Ceci indique la conjonction de trois phénomènes : croissance de la population, guerres et changement climatique. Tous sont le résultat d’activités humaines. Le premier est une constante depuis que l’espèce humaine existe. Il est accéléré par l’extension de mesures sanitaires dans les pays en développement qui connaissent alors une forte augmentation de leur population, tout comme l’Occident au 19e et 20e siècles. Le second et le troisième sont les plus inquiétants. En ce 21e siècle, de nombreux conflits meurtriers existent sur tous les continents, et les effets du changement climatique risquent encore d’exacerber les tensions. Rappelons que le contrôle de l’eau est une des principales causes des guerres que mènent les dirigeants israéliens contre les Palestiniens et leurs voisins.
Outre la pression sur le liquide indispensable à la vie, le changement climatique pèse sur les rendements agricoles. La baisse de la production des céréales doit en effet interpeller. C’est précisément dans notre région que l’impact de la sécheresse sur l’agriculture sera un des plus importants, avec des baisses de production. Ce qui se passe à Madagascar est un aperçu d’une catastrophe plus générale à venir.

Face à cela, la première urgence est la solidarité avec les victimes des guerres et du changement climatique. Cela signifie ne pas leur fermer la porte en poussant des migrants à tenter de risquées traversées clandestines. C’est aussi organiser le soutien aux victimes de la famine.
L’autre priorité est de travailler à un partage des connaissances pour s’adapter aux effets du changement climatique. C’est là que les Réunionnais ont un rôle clé à jouer, en participant à un projet de développement pensé à l’échelle de notre région. Cela nécessitera plus de responsabilité, afin que le regard de La Réunion ne soit plus tourné exclusivement vers la France, mais vers les pays avec lesquels elle partage une histoire, une culture et un peuplement, c’est-à-dire ses voisins.

J.B.