Edito

Faisons le pari de la nature pour lutter contre le changement climatique

David Gauvin / 6 septembre 2021

L’UICN France appelle à promouvoir le rôle des écosystèmes dans la lutte contre les changements climatiques et à investir de façon spécifique et ambitieuse dans des solutions fondées sur la nature. Des milieux naturels préservés jouent un rôle fondamental dans l’atténuation, en stockant et captant le carbone, et dans l’adaptation aux effets des changements climatiques, en limitant les risques naturels.

JPEG - 70 ko
Etang Saint-Paul. (Photo C.F.)

D’une part, les changements climatiques sont l’une des principales menaces pesant sur les milieux naturels et les espèces de notre planète : perturbations des cycles biologiques, acidification des océans, blanchissement des récifs coralliens… D’ici 2050, 25 % des espèces pourraient disparaître à cause du dérèglement climatique. Ils accroissent aussi l’intensité et la fréquence des risques naturels, comme les inondations, l’érosion des côtes ou les sécheresses. D’autre part, parmi le panel des solutions proposées (économies d’énergie, développement des énergies renouvelables…), celles offertes par la nature sont souvent méconnues ou sous-estimées.

Les solutions fondées sur la nature sont les solutions qui s’appuient sur les écosystèmes afin de relever les défis globaux comme la lutte contre les changements climatiques. Les écosystèmes terrestres et marins jouent un rôle fondamental dans l’atténuation des changements climatiques en stockant et captant le carbone. Ce sont aujourd’hui les plus grands réservoirs naturels de carbone et, grâce à la photosynthèse, ils absorbent environ la moitié des émissions de CO2 générées par les activités humaines chaque année. Cependant, ce rôle est aujourd’hui compromis par la dégradation des milieux naturels. De plus, la déforestation et l’artificialisation des sols sont à l’origine d’environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Les écosystèmes jouent également un rôle fondamental dans l’adaptation aux effets des changements climatiques en réduisant les impacts des risques naturels (inondations, érosion, sécheresse…). Les solutions fondées sur la nature concernent trois types d’actions, qui peuvent être combinées dans les territoires : la préservation d’écosystèmes intacts et en bon état écologique, l’amélioration de la gestion durable d’écosystèmes utilisés par les activités humaines, et la restauration d’écosystèmes dégradés ou la création d’écosystèmes.

De nombreux projets sont déjà réalisés dans les territoires, en métropole et en outre-mer, pour mettre en place des solutions fondées sur la nature : protection de forêts en libre évolution dans la région Rhône-Alpes, création de grandes aires marines protégées en Polynésie française, restauration de milieux humides urbains en Seine-Saint-Denis pour gérer les inondations, préservation des dunes sur le littoral aquitain, gestion intégrée de la zone côtière en Nouvelle-Calédonie et sur le littoral métropolitain, création d’îlots de fraîcheur à Orléans, développement mosaïques paysagères gérées par le pâturage dans le Parc naturel régional des Alpilles. Ici nous avons sacrifié nos solutions historiques sous le joug des appétits financiers. L’enlèvement des andins est un crime écologique. Nos espaces humides littoraux (étang de Bois Rouge, étang St Paul et Etang du Gol) ont un rôle important dans la préservation des littoraux. Mais on ne cesse de vouloir les bétonner ou de vouloir faire des ports inutiles. Le rôle écologique de la Plaine Chabrier a été oublié, idem le fait qu’elle se situe sous le niveau de la mer. Mais non, il y a toujours des intérêts supérieurs, ceux des capitalistes.

Les solutions fondées sur la nature représentent des opportunités importantes pour répondre aux enjeux des changements climatiques, tout en apportant des bénéfices pour la biodiversité et le bien-être humain. Elles représentent aussi une alternative économiquement viable et durable, souvent moins coûteuse à long terme que des investissements technologiques ou la construction et l’entretien d’infrastructures. Les solutions fondées sur la nature doivent être ainsi pleinement intégrées dans les stratégies de lutte contre les changements climatiques. Il est crucial d’investir aujourd’hui de façon spécifique et ambitieuse dans les solutions fondées sur la nature. Elles doivent être un élément clef des contributions nationales des États pour respecter les engagements de l’Accord de Paris, et plus largement de l’ensemble des acteurs dans la mise en œuvre de leurs stratégies et plans d’action sur le climat et les risques naturels suite à la COP21.

« Mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne nous le prenne par la gorge » Winston Churchill

Nou artrouv’

David Gauvin



Un message, un commentaire ?

Signaler un abus



Messages






  • J’ai lu avec attention et plaisir cet excellent edito sur le changement climatique. Oui des solutions existent et sont déjà mises en pratiques.
    J’ai pu voir à Orléans les îlots de fraîcheurs. Ils sont respectés et bien compris et la commune communique bien là dessus.
    Les états mettent beaucoup trop de temps à mettre en place des mesures salutaires.
    À notre niveau citoyen nous faisons de petites choses… mais c’est insuffisant pour enrayer le mouvement inéluctable qui est en marche et qui va nous broyer tous.
    Merci David gauvin.

    Article
    Un message, un commentaire ?