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20 décembre 2013

Aujourd’hui, les Malgaches sont appelés à élire leur président de la République. Ce vote doit mettre fin à une période de transition qui dure depuis maintenant 5 ans.
Mercredi soir, les deux candidats en lice au second tour étaient invités à un débat sur la TVM, la télévision publique de Madagascar. Il a duré près de deux heures. Hery Rajaonari¬mampianina et Jean Louis Robin¬son avaient donc là un dernier rendez-vous important pour tenter de convaincre les derniers indécis. Comme le précise notre confrère "l’Express", « les questions autour de la réconciliation nationale, du pardon et du « fivahanana » étaient évidemment au cœur des en¬jeux de ce débat électoral ». « Le fihavanana est à vivre au quotidien, et je le vis au quotidien. Cela implique le fait de ne pas blesser l’autre, ne pas acculer les perdants et ne pas profiter des faibles », a dit l’un des deux candidats.
Il est remarquable que la priorité affichée soit justement la réconciliation de la population. Cela veut dire que le futur président de la République est conscient qu’une majorité ne peut imposer sa volonté à une minorité.
Cette conception est à l’opposé du clivage importé de France, qui divise une société en gauche et droite, et où un score de 50,1% à une élection permet d’accaparer 100% du pouvoir, sans tenir compte des 49,9% qui ont une autre opinion.
Cela renvoie à l’hommage unanime du monde à Nelson Mandela. Si ce dernier s’en était tenu aux règles de l’arithmétique électorale, une partie de la population aurait imposé sa volonté à une autre, et la domination noire aurait succédé à la domination blanche. C’est précisément ce que refusait Nelson Mandela, partant du principe que tous les citoyens de l’Afrique du Sud sont des Sud-africains. Par conséquent, la seule issue est la réconciliation, pour construire une société débarrassée des divisions.
À Madagascar, c’est donc la question de la réconciliation qui était au centre du dernier débat télévisé de la présidentielle. Le président élu aujourd’hui aura donc la responsabilité de mener à bien ce chantier, il aura 5 ans et donc dès maintenant il devra rassembler bien au-delà de ceux qui ont voté pour lui.
Nul doute que si ce défi est relevé, alors Madagascar pourra rapidement commencer son décollage économique.
Pendant ce temps, serons-nous encore sous l’influence des clivages importés de France ou bien allons-nous nous en libérer pour nous rassembler et avancer ?
J.B.
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