Edito

Gérald Darmanin à La Réunion : vers une nouvelle caricature de visite ministérielle ?

J.B. / 4 octobre 2018

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Après Solidaires Finances publiques, c’est la CGTR qui a réagi mardi à l’annonce d’une visite ministérielle ce samedi à La Réunion :
« La CGTR-Finances publiques a appris par la presse la visite de Gérald Darmanin, Ministre de l’action et des comptes publics à La Réunion les 5 et 6 octobre 2018. Selon nos informations officieuses il arriverait le 5 octobre au soir et repartirait le samedi 6 octobre au soir, et donc consacrerait un samedi à La Réunion ».

Et la CGTR de souligner que : « une visite à La Réunion de notre Ministre, fait assez rare, pendant un week-end quand presque tous les services sont fermés n’est pas acceptable pour nous et sera perçue par les personnels comme une marque d’indifférence, voire de mépris ».

Le syndicat indique avoir d’importantes questions à porter au ministre, notamment celle de la réduction des effectifs dans la fonction publique (plan Cap 2022), le prélèvement à la source et la suppression de l’abattement de 30 % de l’impôt sur le revenu chez des contribuables concernés.

La réaction de ces syndicats pose à nouveau la question de l’utilité d’une visite ministérielle à La Réunion. Solidaires Finances publiques annonçait qu’une visite d’un centre des impôts était au programme samedi, alors que c’est un jour de fermeture du public. Des agents sont sollicités pour venir jouer les figurants. Si ces éléments se vérifient, alors ce sera une simple opération de communication, avec un public trié sur le volet et les mesures de sécurité liées à la visite d’un membre d’un gouvernement.

Quel est donc l’intérêt de faire faire un aller-retour de 20.000 kilomètres un ministre et sa délégation, de mobiliser un nombre importants d’agents publics chargés de la sécurité pour un tel but ? A l’heure où le gouvernement utilise le prétexte de la lutte contre le déficit public pour remettre en cause la surrémunération de la prime de milliers de fonctionnaires hospitaliers, et aussi pour réduire les dépenses dans les services publics et les dotations aux collectivités, une telle opération montre que de l’argent est disponible mais qu’il est affecté à d’autres fins. Quand cesseront donc ces visites inutiles qui ne font que distraire l’attention des problèmes de fond, et qui sont payées par les contribuables, notamment les plus pauvres qui sont obligés de payer la TVA, l’impôt qui rapporte le plus à l’État ?

J.B.