Edito

Gilbert Annette responsable des licenciements causés par l’arrêt du chantier de la route en mer

J.B. / 1er juin 2018

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L’annonce de l’annulation du schéma départemental des carrières a suscité une onde de choc. Il remet en effet en cause l’ouverture de méga-carrières indispensables à la poursuite du chantier de la route en mer. Du côté du BTP, c’est la menace de licenciements immédiats en raison du coup d’arrêt donné au projet de Didier Robert.

Du côté de la préfecture, la possibilité de lancer malgré tout l’exploitation de la méga-carrière de Bois-Blanc à plus ou moins brève échéance n’est pas abandonnée. Dans un communiqué diffusé hier, le préfet indique qu’ « un pourvoi en cassation n’est pas à exclure, ni même une nouvelle modification du schéma départemental des carrières ». Au sujet de Bois-Blanc, le représentant de l’État précise que « s’agissant du projet de carrière de la Ravine du Trou (commune de Saint-Leu), sa qualification en projet d’intérêt général n’est pas remise en cause par cette décision de justice. L’exploitation de cette carrière permettrait de répondre à la majorité des besoins en roches massives de la NRL. A l’heure actuelle, la procédure nécessaire à l’autorisation d’exploiter cette carrière se poursuit. Il s’agit de la mise en compatibilité du plan local d’urbanisme de la commune de Saint-Leu, qui fera prochainement l’objet d’une enquête publique ». C’est aussi la position de la Région qui se raccroche à cette possibilité.

Le communiqué de la préfecture reconnaît que l’ouverture d’une carrière à Bois-Blanc ne permettrait pas de mener à bien le chantier, car ce site répond à « la majorité des besoins en roches massives de la NRL », et donc pas à la totalité. Pour le manque, il faudra donc recourir à d’autres carrières. Ces ouvertures éventuelles sont remises en question par l’arrêt de la Cour d’appel administrative de Bordeaux. Par conséquent, dans l’état actuel, il est bien confirmé que le chantier de la route en mer ne peut pas se poursuivre, et que pour la Région dans le meilleur des cas, ce chantier se résumera à la livraison éventuelle d’une demi-route en mer de Saint-Denis à la Grande Chaloupe, le reste de l’itinéraire entre la Grande Chaloupe et La Possession étant remis à plus tard, car il n’y a pas de matériaux disponibles pour lancer cette partie du chantier.

L’inquiétude qui saisit les patrons transporteurs et les syndicats du BTP est donc légitime. Elle est le résultat d’une décision politique, dont le responsable est Gilbert Annette. C’est en effet parce qu’il a choisi de faire perdre l’Alliance aux élections régionales de 2010 que ce projet de route en mer a été imposé pour remplacer deux chantiers : le tram-train et la nouvelle route du littoral. Le projet de route n’était pas confronté à un problème de matériaux, puisque les roches nécessaires devaient être extraites de la montagne toute proche du fait du percement d’un tunnel pour le train. Cela aurait aussi évité l’incessant et dangereux ballets de camions benne chargés de roches collectées dans les quatre coins de l’île pour alimenter le chantier.
Si le calendrier avait été respecté, ces deux chantiers seraient déjà livrés, et les extensions du tram-train vers le Sud et l’Est seraient en cours, avec du travail pour des milliers de Réunionnais. Mais pour de sombres calculs politiciens, Gilbert Annette a préféré favoriser l’élection de Didier Robert à la Région. Le fiasco du projet de route en mer voulu par Didier Robert aura des conséquences dramatiques pour l’emploi, la responsabilité en incombe à Gilbert Annette.

J.B.