Edito

Hausse de la taxe sur les carburants : vers un blocage de La Réunion par les transporteurs ?

J.B. / 15 décembre 2017

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À La Réunion, la taxe sur les carburants relève de la compétence du Conseil régional. C’est lui qui fixe les taux, et qui perçoit les recettes. Ces dernières alimentent notamment un Fonds d’investissement pour les routes et les transports (FIRT). Le but du FIRT est de payer la construction de nouvelles routes, d’assurer l’entretien de celles qui existent, mais aussi de soutenir le développement des transports collectifs à La Réunion. Il est donc clair que la hausse de la taxe sur les carburants votée hier par la Région Réunion devra être utilisée à ces fonctions. Manifestement, le coût de la route en mer a donc amené la collectivité à envisager de nouvelles recettes pour abonder un fonds qui doit donc s’avérer insuffisant.

La Région affirme que cette décision découle du choix du gouvernement de lutter contre la pollution. Le but est d’aligner le prix du gazole sur celui de l’essence. Comme le premier est moins cher que le second, alors la Région a décidé d’augmenter de 6 centime par litre la taxe sur le diesel, et de 4 centimes par litre celle sur le super sans plomb.

Ce n’est pas la première fois que la Région doit revoir les taux d’une taxe. Sommée par l’Union européenne de réduire le différentiel d’octroi de mer entre le rhum et les alcools forts importés, la Région avait décidé de baisser les taxes frappant les seconds plutôt que d’augmenter le prix du rhum, alors que la vente à bon marché de cet alcool destructeur est à l’origine de nombreux drames à La Réunion.

La Région aurait pu décider de baisser la taxe sur le sans-plomb sans toucher à celle du diesel, le résultat aurait été le même sur le plan de la convergence des prix. Manifestement, le besoin d’argent de la collectivité a été plus fort que celle de ne pas toucher au pouvoir d’achat des consommateurs de diesel.

À La Réunion, le carburant est beaucoup moins taxé qu’en France. C’est la conséquence de choix politiques mis en œuvre par les prédécesseurs de Didier Robert. Malgré cela, il est arrivé à plusieurs reprises que des transporteurs barrent les routes et prennent la population en otage pour demander une baisse de la taxe régionale. Ce fut le cas en 2001 au moment où les compagnies pétrolières avaient brutalement augmenté le prix hors-taxe. Cela a aussi été le prétexte au blocus de la Région Réunion en novembre 2009, relayé par des barrages organisés partout à La Réunion sous le regard passif des policiers et gendarmes. À cette époque, le baril de pétrole avait brusquement augmenté. La hausse a été répercutée par les compagnies pétrolières sur le prix hors-taxe. L’occasion a été saisie par des transporteurs de désigner la taxe sur les carburants comme responsable de la situation, sans viser les compagnies pétrolières. Le taux de la taxe sur les carburants n’avait pourtant pas augmenté depuis des années. Quelques années plus tard, on retrouve un des meneurs de ce blocus parmi les bénéficiaires des marchés de transports de matériaux pour la route en mer.

La décision de Didier Robert marque une rupture. Il a choisi d’augmenter le taux de la taxe sur les carburants pour avoir des recettes supplémentaires. Logiquement, une telle décision devrait entraîner la fureur des transporteurs. Il faut donc s’attendre à des blocages de routes relayés par des micro-trottoirs complaisant montrant un soutien des automobilistes aux camionneurs. À moins que les barrages routiers organisés avant la prise de pouvoir de Didier Robert ne visaient pas à défendre les intérêts d’une profession, mais des adversaires politiques de l’Alliance et du programme de développement et d’autonomie énergétique qui était alors porté par la Région Réunion.

J.B.



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  • Voilà ce qu’on récolte quand on est d’accord avec le tout voiture qui pollue, encombre, coute cher en pneus, assurance, pièces, achat neuf ou d’occasion, et maintenant les carburants. Vivement le retour du train, un TER PEI électrique, rapide pour les voyageurs, le fret, le long du littoral, pour le reste, ok pour des camions, puis des téléphériques, voilà une belle image d’avenir pour la Réunion avec enfin, 100 % d’énergie renouvelabe, c’est possible, si on utilise la chaleur volcanique comme déjà la Nouvelle-Zélande, le Japon, l’Islande, et bientôt la Guadeloupe, sont intélligents, pense à l’avenir, propre pour nos enfants. Dans tous les sens du terme. Arhur.

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