Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
26 janvier 2016

Cette année, l’industrie sucrière de Hawaii fermera ses portes. C’est une alerte très sérieuse pour La Réunion. Hawaii partage des points communs avec notre île.
Hawaii est un archipel d’îles volcaniques. Comme à La Réunion, la culture de la canne s’est développée pour répondre aux besoins d’une métropole. Les besoins en main d’oeuvre ont été considérables. La plantation et l’industrie sucrière ont fait venir des centaines de milliers de travailleurs.
Tout comme notre île, Hawaii est une terre d’innovation dans la recherche de nouvelles pratiques culturales, notamment dans la mécanisation. Derrière la Floride et la Louisiane, elle était la principale zone de production de sucre de canne des États-Unis. Hawaii récoltait encore 4,7 millions de tonnes de cannes en 1994, indique le Département de l’Agriculture des États-Unis. C’était bien plus que La Réunion.
Puis la production s’est effondrée à Hawaii, pour passer aujourd’hui à moins de 200.000 tonnes de sucre.
En effet, son marché d’exportation s’est brutalement rétréci. Des mesures ont pourtant été prises pour tenter de résister à la concurrence. L’industrie sucrière a poussé à l’extrême la concentration et les gains de productivité.
Tout comme à La Réunion, Hawaii ne compte plus qu’une seule société sucrière. Cette dernière y exploite 16.000 hectares de plantations. La fin de la filière canne-sucre à Hawaii entraînera la suppression de 675 emplois au sein de cette société.
Hawaii, comme La Réunion, est intégrée à un pays occidental. La production hawaienne a dû faire face à la concurrence interne. Outre les planteurs de betteraves, les Hawaiiens sont dans le marché des États-Unis face à eux les planteurs de cannes de Floride, de Louisiane et du Texas. Ces derniers vendent leurs cannes entre 25 et 30 dollars la tonne, soit un prix égal ou légèrement inférieur à celui de Hawaii. Mais ils n’ont pas à assurer le transport de la marchandise par bateau jusqu’au marché d’écoulement. Malgré cela, la filière hawaiienne avait réussi à se maintenir.
L’ouverture des frontières des États imposée par l’Organisation mondiale du commerce est un accélérateur de crise, à Hawaii comme à La Réunion. Car elle met en concurrence des travailleurs qui n’ont pas les mêmes droits sociaux. L’an dernier, la société sucrière de Hawaii a perdu 30 millions de dollars. Elle a décidé d’abandonner la production, car elle n’a pas de perspective dans ce domaine.
Des règles ont amené à la disparition de la filière canne de Hawaii. Les mêmes règles s’appliqueront l’année prochaine à La Réunion.
Nos peines
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