Inflation : l’accalmie ne fait pas disparaître la pauvreté

28 août, par Manuel Marchal

Les chiffres de l’Insee peuvent sembler rassurants : en juillet, les prix sont quasiment stables à La Réunion et l’inflation sur un an est ramenée à 0,7 %. Les prix de l’énergie et de l’alimentation reculent même sur le mois. Mais cette accalmie statistique ne doit pas masquer l’essentiel : les prix ne baissent pas, ils augmentent simplement moins vite.

Pour une population dont près de 40 % vit sous le seuil de pauvreté, cette nuance est fondamentale. Lorsque le revenu est faible, chaque hausse accumulée pèse durablement sur le budget. Le recul récent des carburants constitue un répit, mais les produits pétroliers restent 20 % plus chers qu’un an auparavant. L’énergie, elle, demeure en hausse de 12,5 % sur douze mois.

La question dépasse donc largement celle de l’inflation. Elle renvoie au sous-développement persistant de La Réunion. Un territoire où une fraction considérable de la population vit dans la pauvreté ne peut se satisfaire d’une simple stabilisation de l’indice des prix.

Cette pauvreté de masse n’est pas une fatalité. Elle est liée à un modèle économique dépendant des importations, insuffisamment créateur d’emplois et de richesses localement produites, avec des revenus qui restent trop faibles.

L’enjeu est donc ailleurs : comment permettre à la population de vivre mieux ? Cela suppose de produire davantage à La Réunion, développer les emplois qualifiés, renforcer les services publics et assurer une progression réelle des revenus.

Une inflation à 0,7 % signifie que pour les centaines de milliers de Réunionnais confrontés à la pauvreté, la véritable victoire serait que leur pouvoir d’achat progresse enfin. La stabilité des prix ne doit pas devenir le prétexte pour accepter la persistance du sous-développement à La Réunion.

M.M.

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