Rentrée à l’Université : à La Réunion, la précarité étudiante atteint un point de rupture
26 août, parConséquence du système néocolonial
4 juillet 2022, par

La Coupe des clubs champions de handball de l’océan Indien était l’événement sportif de la semaine dernière à La Réunion. Malheureusement, la fête a été ternie par l’absence de l’équipe championne des Comores « pour un problème de visa ». Rappelons que les Réunionnais n’ont qu’à présenter un passeport valide et payer un visa à leur entrée à Madagascar ou aux Comores en indiquant uniquement une adresse, à quand la réciprocité indispensable pour lever l’isolement de La Réunion dans sa région ?
En 2015 lors des Jeux des îles à La Réunion, ce fut l’incertitude jusqu’au dernier moment quant à savoir si les sportifs comoriens allaient participer à cette grande fête de la jeunesse de l’océan Indien. En effet, les autorités consulaires françaises aux Comores rechignaient à délivrer les visas nécessaires et indispensables à l’entrée dans notre île. Car la politique d’immigration à La Réunion est la suivante : tous les ressortissants des pays voisins doivent avoir en leur possession un visa avant d’embarquer dans l’avion qui les mène dans notre île tandis que les ressortissants d’un État de l’Union européenne pourtant distant de 10.000 kilomètres n’ont même pas besoin d’un passeport valide pour entrer à La Réunion et ne sont soumis qu’à des contrôles aléatoires. Dans ce cas, une simple carte d’identité suffit. C’est la conséquence de l’intégration de La Réunion à l’Union européenne.
Finalement, le précieux sésame fut délivré à la délégation comorienne. Mais par la volonté de Paris de politiser ces Jeux organisés à La Réunion en présence d’un ministre de passage, une nouvelle humiliation fut infligée à nos frères et sœurs des Comores : le défilé sous le drapeau français d’une délégation « France Océan Indien » incluant les sportifs de Mayotte. Devant un tel manque de respect des règles que les autorités sportives avaient fixées, la délégation comorienne n’eut d’autre choix que de quitter les Jeux dans l’indifférence générale. Fort heureusement pour l’honneur du peuple réunionnais, le PCR fut la seule organisation solidaire des Comoriens outragés, afin d’atténuer une nouvelle dégradation de l’image de La Réunion aux yeux de nos voisins.
Manifestement, les responsables de l’immigration dans notre île n’ont pas tiré les leçons de ce dramatique incident. La semaine dernière se déroulait à La Réunion la Coupe des clubs champions de l’océan Indien de handball. Mais aucune équipe comorienne n’avait pu faire le déplacement en raison d’« un problème de visa » selon Réunion Première.
Rappelons que quand un Comorien ou un Malgache veut venir à La Réunion, c’est le parcours du combattant. Les Réunionnais n’ont qu’à présenter un passeport valide et payer un visa valable plusieurs semaines à l’aéroport de destination à leur entrée à Madagascar ou aux Comores en indiquant uniquement une adresse. Mais cette possibilité n’existe pas pour un Comorien qui vient à La Réunion. Il ne peut obtenir un visa qu’auprès de la seule représentation consulaire française de son pays. C’est aussi le cas pour un Malgache. Demander un visa est une entreprise coûteuse, dont les frais s’élèvent facilement à un mois de salaire, voire plus en comptant le prix du passeport obligatoire. Ces frais ne sont pas remboursés en cas de refus laissé au libre arbitre des autorités consulaires. A cela s’ajoute la nécessité de justifier d’avoir en sa possession une somme destinée à couvrir les frais de son séjour. De plus, l’agent du contrôle de l’immigration peut exiger que le passager ayant un visa en bonne et due forme pour entrer à La Réunion compte publiquement l’argent en euros en sa possession. Enfin, le visa doit comptabiliser au jour près la durée du séjour prévu.
Le contraste est donc saisissant entre les règles imposées à nos voisins avec qui nous partageons une histoire et une culture communes, et celles fixées pour les habitants d’un lointain continent situé à 10.000 kilomètres.
La logique voudrait que la réciprocité avec nos voisins soit au moins établie afin de lever l’isolement de La Réunion dans sa région : un visa acheté à l’aéroport sur présentation du passeport avec comme seul justificatif une adresse à La Réunion. C’est une nécessité pour préparer l’avenir. Car quand les pays de notre région se développeront et qu’une part toujours plus importante de leur population aura un pouvoir d’achat suffisant pour voyager, des centaines de milliers de touristes iront dépenser leur argent ailleurs qu’à La Réunion. Notre île restera limitée à accueillir en grande majorité des personnes venues voir la famille, c’est-à-dire des touristes « low-cost » qui ne dépensent pas leur argent dans les structures d’hébergement. Il sera alors trop tard pour remettre en cause les règles d’entrée à La Réunion.
M.M.
Conséquence du système néocolonial
In pti nouvèl an passan dsi in moune la mète la Rényon anlèr. Moune-la, mwin la vi ali apré fèr in komantèr dsi in gran konkour zé koléktif li la (…)
In kozman pou la rout
Précarité des étudiants de l’Université à La Réunion à cause d’un abandon par l’Etat
Hommage à un avocat qui défendit une Réunionnaise violée par des parachutistes français
La guerre impérialiste est perdue pour les agresseurs
Impact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
Accélération de la crise du système néocolonial
À La Réunion l’école est obligatoire et doit être gratuite
Lutte des Chagossiens
Recrutement de travailleurs des pays voisins pour couper la canne pendant plusieurs mois