Edito

JOURNÉE MONDIALE ALZHEIMER 2021

David Gauvin / 22 septembre 2021

L’année 2020 a été marquée par la pandémie mondiale de la covid-19. La succession des mesures sanitaires nous a contraint à vivre confiné voir même isolé pendant de longues semaines pour se protéger soi-même et protéger les autres. Et cela n’est pas sans impact sur notre vie sociale et notre santé mentale. En effet, notre humeur et notre vie en société sont les meilleurs alliés de notre cerveau. Ainsi la privation de lien social peut accélérer le déclin cognitif voire l’apparition plus précoce d’une maladie d’Alzheimer.

La maladie, qui voit le patient perdre irrémédiablement la mémoire et sa capacité de jugement, au cours d’une évolution qui prend généralement plusieurs années, représente pourtant l’un des principaux problèmes contemporains de santé publique. Les malades perdent leur indépendance, faisant peser un important poids émotionnel sur leurs proches et financier sur les systèmes de santé.

Depuis une vingtaine d’années, la recherche s’est concentrée sur la destruction de plaques formées par certaines protéines, dites béta-amyloïdes, dans le cerveau des patients. Ces plaques qui compriment les neurones et les détruisent à terme sont l’un des deux grands facteurs de la maladie d’Alzheimer. Les autorités américaines ont d’ailleurs approuvé cette année un traitement, élaboré par le laboratoire américain Biogen, qui cible les plaques de protéines amyloïdes. Mais certains experts remettent en doute son efficacité thérapeutique.

La solitude est un fléau qui touche énormément de personnes âgées. Les raisons en sont multiples : départ à la retraite, éloignement géographique avec ses enfants, séparations, décès… Or l’année 2020 émaillée de vagues épidémiques et de mesures de confinement en série, a accentué l’isolement de nos aînés :
1,5 million de personnes âgées de 60 ans et plus ressentent de la solitude de façon régulière, soit 9 % de cette population
94,5 % des séniors résident dans leur domicile ; 41 % des personnes interrogées n’ont reçu aucune visite pendant deux mois tandis que 34 % ont vu les interventions de professionnels à domicile diminuées ou supprimées.
720 000 personnes âgées n’ont eu aucun contact avec leur famille durant le confinement.

Les études scientifiques démontrent que l’entretien du lien social grâce à des activités diverses et l’appartenance à des réseaux sont associés avec une meilleure préservation des fonctions cognitives chez les sujets âgés. Cette stimulation sociale permet d’alimenter notre réserve cognitive, d’augmenter notre capital-cerveau. A l’inverse, l’isolement, par manque de contact et de soutien social, augmente le risque de développer plus tôt une maladie d’Alzheimer. Il est donc primordial de faire en cette fin d’année 2021, un effort collectif pour lutter contre l’isolement de nos aînés en agissant au quotidien par petites touches pour renouer le lien social et tenter d’effacer les traces de 15 mois de confinement. Que ce soit avec nos proches, un voisin âgé ou toute personne en souffrance, ne restons pas indifférents et renouons le lien social !

"Alzheimer "... C’est un mal qui vole les coeurs, les âmes et les souvenirs.Nicholas Sparks

Nou artrouv’

David GAUVIN