Edito

Journée Mondiale de sensibilisation à l’autisme, mais maintenant que faire ?

David Gauvin / 3 avril 2021

Hier, 2 avril, c’était la journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme. Instaurée par une résolution de l’ONU en 2007, la première journée de sensibilisation à l’autisme s’est déroulée en 2008. Cette journée vise à sensibiliser le grand public à l’autisme. Elle est aussi l’occasion d’attirer l’attention sur la nécessité d’améliorer la qualité de vie des personnes autistes, afin qu’elles puissent mener une vie riche et épanouie en faisant partie intégrante de la société. Dans nos sociétés dite moderne, il est plus que temps de qualifier les personnes par leur aptitude et non leur incapacité.

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A l’origine, c’est l’association américaine Autism speaks qui a lancé l’opération « Light it up blue ». Le bleu, c’est la « couleur des garçons », en effet, les troubles de l’autisme sont presque 5 fois plus fréquents chez les garçons que chez les filles. Le bleu, c’est la couleur de l’apaisement et du rêve. C’est une couleur qui semble être appréciée des personnes autistes et permet de calmer leurs angoisses. Durant la nuit du 1er au 2 avril, des monuments symboliques, des hôtels, des complexes sportifs, des salles de concerts, des musées, des ponts, des commerces, des maisons sont incités à s’illuminer en bleu.

L’autisme est un trouble neurologique qui dure toute la vie et se manifeste durant la petite enfance, sans distinction de sexe, de race ou de situation socioéconomique. L’expression “spectre autistique” renvoie à un éventail de caractéristiques. L’autisme se caractérise principalement par des formes tout à fait particulières d’interaction sociale, des modes d’apprentissage non conventionnels, un vif intérêt pour certaines disciplines, une attirance pour les activités routinières, des difficultés de communication et des manières distinctives de traiter l’information sensorielle. Le taux d’autisme est élevé partout dans le monde et le manque de compréhension a des répercussions considérables sur les individus, leur famille et leurs collectivités.

Alors qu’on estime à environ 700 000 le nombre de personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme en France, moins de 20% vont à l’école et 2% seulement ont un emploi. Les auxiliaires de vie scolaire manquent à chaque rentrée, et les personnels concernés (AVS, enseignants) ne sont toujours pas formés et payés correctement. Les centres pour adolescents sont bondés, les lieux de vie pour adultes quasi inexistants dans certaines régions. Il y a trop peu de programmes de recherche en matière d’autisme, et toujours aucun médecin spécialisé. En effet, l’autisme ayant été rangé pendant des décennies dans la case “psychiatrie et psychanalyse”, aucune “spécialisation ou filière autisme” n’existe dans le corps médical. En 2017, La Cour des Comptes souligne que les deux tiers des enfants et près de 80% des adultes sont accueillis dans des établissements généralistes.

Après avoir parlé d’handicapé, ensuite de personne en situation de handicap, enfin d’inclusion. Il est temps de changer de paradigme et d’arrêter de stigmatiser les personnes en accentuer leur incapacité. Les personnes atteintes des maladies faisant parti du spectre autistiques ont des capacités et peuvent contribuer à la société. Mais encore faudrait il que la société veuille bien les accepter et se réinventer à la lumière de leur capacité. Cessons de parler de personnes en situation de handicap, mais parlons plutôt de personne AUTREMENT CAPABLE.

« Le handicap ne peut pas être un handicap » Stéphane Hawking

Nou artrouv’

David Gauvin