Kou d’zok pou le “oui”

25 mars 2005

Quelle que soit leur opinion politique, bon nombre de téléspectateurs ont dû être stupéfaits - sans être étonnés - par la prestation de Martine Aubry et de Bernard Accoyer dans l’émission “France Europe Express” diffusée mercredi soir par Tempo. Plus on entendait la dirigeante et ancienne ministre socialiste se chamailler avec le président du groupe U.M.P. de l’Assemblée nationale au sujet de la politique intérieure française, et plus on pouvait se demander : mais comment ces deux responsables politiques, apparemment opposés, peuvent-ils se retrouver ensemble à défendre le même projet de Constitution européenne ? On nage en plein irrationnel...
Il est vrai que ce projet, visant à étendre et à amplifier au niveau de toute l’Europe et Outre-mer la politique giscardo-chiraco-raffarienne, est soutenu par les leaders des partis de Martine Aubry et Bernard Accoyer, à savoir le “couple de l’année” : “Sarkollande” et “Hollandzy”. Il est également soutenu par le socialiste Pascal Lamy, qui veut devenir directeur de l’Organisation mondiale du commerce (O.M.C.) et qui a défendu la directive Bolkestein.
Invité dans cette émission, Ricardo Petrella, professeur d’économie à l’Université catholique de Louvain, n’a eu aucun mal à démolir les thèses des partisans du “oui”. Il a clairement démontré que ce projet de Constitution représente "une régression considérable" sur le plan de la démocratie et des droits sociaux, qu’elle "attaque la protection sociale existante" et que "les services publics y sont biffés". Il a conclu : ce texte organise "la marchandisation de tout ; le principal, c’est le marché et la monnaie, tout le reste est secondaire".
Un vrai “kou d’zok” pour les partisans du “oui”, qui furent incapables d’opposer le moindre argument à l’universitaire altermondialiste.

L. B.


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Témoignages - 82e année


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