Edito

Kouraz,Théo !

LB / 20 juillet 2007

Depuis plus de 13 ans, un travailleur réunionnais souffre atrocement et doit subir constamment des opérations - douloureuses et traumatisantes - au visage et dans son crâne parce que deux gendarmes l’ont abattu comme un animal alors que les dockers luttaient pour sauver leurs emplois. Car l’administration de l’époque, liée à des patrons de l’outil portuaire, voulait y maintenir sa domination. Et peu lui importait que Théo Hilarion - d’ailleurs confondu avec un responsable syndical de la CGTR Ports et Docks - en paie le prix fort !
Pendant plus de 13 ans, la victime de ce crime et ses camarades se sont battus pour que l’institution judiciaire lui rende justice. Car dès la première minute, les auteurs du crime ont bénéficié de la protection de représentants de l’État (Préfecture, Gendarmerie, Police, Justice) et de la complaisance de certains journalistes, qui ont agi afin de masquer et cautionner ce recours à l’assassinat pour régler un problème économique.

Fort heureusement, il y a des fonctionnaires, des militaires, des magistrats et des journalistes qui ont refusé se devenir les complices d’un crime. D’où la décision prise mardi par la Chambre d’instruction criminelle, en charge de l’affaire depuis 3 ans, de dire le Droit et renvoyer les deux gendarmes devant la Cour d’Assises.
La reconnaissance - en 2007 - du crime perpétré le 7 mars 1994 est avant tout le résultat de l’inlassable mobilisation de Théo Hilarion, son avocat, ses amis syndicalistes et politiques. Preuve que, face à des complicités criminelles, si haut placées soient-elles, les solidarités humaines et militantes finissent toujours par l’emporter.

Vérité et Justice, quoi qu’il en coûte ! La batay i kontinié. Tyinbo Théo !

L. B.