Edito

L’aéroport de Saint-Pierre-Pierrefonds victime d’une vengeance personnelle de Didier Robert ?

Manuel Marchal / 7 décembre 2019

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Dans son édition du 5 décembre, « Le Quotidien » fait le point sur la situation de l’aéroport de Pierrefonds à Saint-Pierre. Ouvert sous sa forme actuelle en 1998, il a connu son apogée en 2008 avec 128.000 passagers contre environ 100.000 aujourd’hui. La mise en service de la Route des Tamarins a entraîné une baisse de fréquentation. En effet, les destinations desservies depuis Pierrefonds sont les mêmes que depuis l’aéroport Roland-Garros à Gillot et concernent Maurice. Les tentatives de diversification opérée depuis n’ont pas abouti, en raison de la défaillance des compagnies aériennes susceptibles d’ouvrir de nouvelles destinations. Ceci reste inquiétant, car comme l’explique « Le Quotidien », le point d’équilibre nécessite 250.000 passagers par an, ce qui signifie que les membres du Syndicat mixte gestionnaire de l’aéroport doivent combler le déficit annuel.

En 2010, alors que Pierrefonds n’était pas dans une situation aussi alarmante, il était un des thèmes de la campagne de Didier Robert aux régionales. Ce dernier affirmait que le Sud était abandonné, une idée assez comique puisque l’année précédente avait vu l’ouverture de la Route des Tamarins qui avait désenclavé le Sud. Néanmoins, une fois qu’il eut obtenu la présidence de la Région, Didier Robert a utilisé Pierrefonds pour renégocier avec l’État la ventilation des fonds que Paul Vergès avait réussi à obtenir de la France en janvier 2007 pour construire le tram-train et la nouvelle route du littoral. Les travaux du train avait déjà commencé, comme en témoigne les emprises construites à Cambaie, au Port et à Saint-Denis.
C’est ainsi que l’accord Robert-Fillon de fin 2010 prévoyait de détourner l’argent prévu pour le train sur un projet de route en mer mais pas seulement. 250 millions d’euros étaient alloués à la modernisation des deux aéroports et surtout pour Pierrefonds, qui devait devenir une alternative crédible à Gillot pour les habitants du Sud.

Manifestement, l’argent promis n’est pas là. En effet, « Le Quotidien » souligne qu’entre Pierrefonds et la Région Réunion, présidée par Didier Robert, « depuis deux ans les ponts sont coupés » alors que le gestionnaire de l’aéroport du Sud doit investir pour diversifier ses destinations. Un autre sujet d’inquiétude est le désengagement d’Air Austral. Rappelons qu’Air Austral a pour actionnaire principal la SEMATRA, une société d’économie mixte présidée par Didier Robert.
Le décalage entre les promesses de Didier Robert et ses actes lourds de conséquence pourrait s’expliquer par cette information du « Quotidien » : « Pierrefonds est le bastion de la droite sudiste. Elle est cogérée par Tak et Michel Fontaine qui sont en guerre ouverte avec la Région de Didier Robert, principal actionnaire d’Air Austral, via la SEMATRA. De quoi nourrir rancœur et soupçon ».
« Témoignages » connaît les caprices du président de Région. Car peu de temps après l’arrivée au pouvoir de Didier Robert, notre journal ne recevait plus de publicités et d’annonces légales de la Région Réunion, sans doute parce que la ligne éditoriale de « Témoignages » ne va pas dans le sens voulu par Didier Robert. D’autres confrères ont subi cet ostracisme, après des articles qui n’ont pas plu au chef de la Région.
Ceci nourrit donc la thèse d’une vengeance personnelle de Didier Robert, qui a pour conséquence de priver un aéroport international de financement de la collectivité gestionnaire des fonds européens. Il est grand temps que l’intérêt général reprenne le dessus dans la politique régionale. Gageons que l’année prochaine, les élections régionales seront l’occasion de mettre fin au règne de Didier Robert, condition essentielle pour que la Région Réunion remplisse à nouveau son rôle de collectivité au service du développement économique de toute La Réunion.

M.M.



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  • Quel gâchis finalement quand on y pense, perte de temps, d’argent de confiance, c’est triste de savoir tout ça, ce qui devait en principe, et c’est le noble devoir de la politique, de se préoccuper du passé, de faire face aux problématiques du péi, et de proposer des solutions intelligentes, attendues depuis longtemps pour améliorer enfin les choses, car sur l’île de la Réunion, il y a bcp à faire, j’entends parler de bien faire, d’abord de changer de mentalité, comprendre que l’avenir sera plus propre qu’aujourd’hui, car le département est sale, allez faire un tour dans les ravines, dans les hauts aussi, c’est plein de carcasses de voitures, de pneus, machine électroménager qui rouillent acceuillent les moustiques quiy trouvent de formidables gites larvaires.

    Il faut rendre les transport publics gratuits, proposer les vélibs dans les communes,encourager les gens à oublier les voitures, majoritairement diésels qui pollient l’air, la terre, nos poumons avec les micro particules cancrigènes, beurk ! Osons changer, ça urge, la Réunion peut montrer le bon exemple au lieu de suivre le mauvais, tout simplement, en attendant, demain, je vais à la mer, et prendrais le temps de ramasser des ordures qui trainent sur le sable, dans l’eau et à côté, des barquettes, mégots, emballages quitte à ce que l’on se moque à nouveau de moi par des soit-disants citoyens, en fait des irresponsables, moqueurs quand ils me voient me préoccuper de la pollutions, J’ai l’impression de les provoquer, de leur faire honte, tant pis, c’est la vérité, la Réunion, c’est devenu sale, les poubelles débordent, c’est plein de mouches, de leurs larves, et les rats, les nuits arrivées s’en donnent à coeur joie, invisibles les jours, pas vu, pas su, pas pris, c’est trop facile de raisonner ici et m’est hélas la réalité, le "moi d’abord" passe avant le reste, c’est pas une société raisonnable dans laquelle on vit, bon WE quand même Arthur qui nage en voyant les ravages de la société de consommation, source de nos problèmes sur le long terme.

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