Edito

L’aide à domicile, le nouveau terrain de la lutte

David Gauvin / 11 septembre 2021

Ces derniers jours, les dirigeants d’une société d’aide à la personne ont été jugé en appel pour abus de bien social. Crée peu avant la liquidation de l’ARAST, ladite société a connu une croissance exponentielle.

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Les faits reprochés heurtent notre moral. Tout ce qui est légal n’est pas moral. On parle de dirigeant ayant laissé un passif de 7,7 millions d’euros, qui aurait pu mettre 630 travailleurs au chômage. Pêle-mêle, la justice a découvert tous les types possibles d’abus de bien social. L’abus de bien social est caractérisé par l’utilisation des moyens d’une société sans lien avec son objet social. Nous trouvons la captation frauduleuse de la trésorerie de la société pour 2,7 millions d’euros. Ou encore l’utilisation des moyens pour mener une vie de « nabab », montres de luxe, voitures de luxe en nombre important. Un dirigeant peut-il cumuler 4 voitures de fonction, plus grosses les unes que les autres ? Nous passerons sur les billets d’avions ou les locations de villa. Mais pourtant, il aurait suffi à ceux-là de rester dans la légalité pour profiter sereinement des fruits de leur travail. Rien n’aurait empêché de toucher des salaires et des dividendes importants, si les cotisations sociales, impôts et forfait social afférent soit payés.

Mais non, ceux-là ne peuvent pas entrer dans un cadre légal. Mais pire, pour masquer leur incompétence, ils ont mis en place un système de management par la peur et la surveillance généralisée. D’ailleurs sont-ils titulaires d’un moindre diplôme ou d’une simple qualification préalable à l’exercice de l’emploi de direction dans le secteur social ? Les aides à domicile savent elle que les sociétés de plus de 300 salariées doivent obligatoirement mettre en place un intéressement au bénéfice ? Savent-elles que les frais d’intermédiations sont des droits et ne peuvent pas être négociée. Savent-elles que les primes versées ces derniers mois, l’ont été près de 3 mois après le versement de la part du financeur. Et encore beaucoup de choses risquent de sortir de l’obscurité.

Ce sont ici exposée la face sombre de la silver économie. Quelle incongruité que de penser que le vieillissement de la population et leur besoin doit stimuler une économie concurrentielle. Il est important de se souvenir que tout cela est financé par le Conseil Départemental par le biais de prestations d’aide socials. C’est le simple détournement des politiques de solidarités vers le monde marchand. Ces deux dirigeants ne sont que les rejetons d’un système fou sans aucun contrôle des fonds alloués. Le conseil départemental ne pourra pas dire longtemps qu’il ne savait pas. Nos gramoun et nos aides à domiciles méritent mieux que ces « tristes sires ».

Néanmoins, le secteur peut être une chance pour le Pays. Il permet de mettre au travail beaucoup de personnes, et à leur permettre de vivre décemment. L’utilité sociale n’est plus à démontrer, ni le professionnalisme. Le temps des « gens de maison » est révolu. Ces professionnels du vieillissement et du domicile ont été formés et voient leur niveau de compétence rehaussé d’année en année. Des jeunes professionnels arrivent, il est important de leur offrir des conditions de travail décente. Et force est de constater que tant que des dirigeants de ce genre séviront dans le secteur, il ne sera pas possible de changer le regard de la société sur ces beaux métiers.

« Le beau est le symbole du bien social » Emmanuel Kant

Nou artrouv’

David Gauvin